Grèce, les jours se suivent et se ressemblent

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Les ministres des Finances des pays membres de l'Eurogroupe se sont réunis hier soir à Bruxelles pour tenter d'avancer sur le dossier grec. Une nouvelle fois en vain.

Cette réunion avait pourtant un caractère particulier puisqu'elle se penchait sur le très attendu rapport des experts de la Troïka (Commission européenne, BCE et Fonds Monétaire International). Ces observateurs représentant les bailleurs de fonds de la Grèce sont allés observer sur place, pendant plusieurs mois, la bonne application des réformes et c'est de leur avis que dépendra la poursuite de l'aide financière accordée à Athènes (quelque 31 milliards d'euros sont dans les tuyaux).  Hier, les 17 membres de l'Eurogroupe se sont donné huit jours supplémentaires pour se mettre d'accord... Leur chef, Jean-Claude Junker, l'a dit : " les Grecs ont tenu leurs promesses, maintenant c'est à nous de tenir les nôtres  ".
Ce discours se cale sur l'agenda de réformes que le Président de l'Europe, Herman Van Rompuy, présentera fin décembre. Pour l'heure, la priorité est de gérer le cas grec, les conséquences sociales et politiques de la rigueur imposée. Dans un Etat déjà moribond, sans plus aucun espoir de croissance, le gouvernement Samaras vient de décider 9 milliards d'euros d'économies supplémentaires pour 2013, et d'ici 2016, ce sont 18 milliards d'économies qu'il faudra encore réaliser. Du pur suicide.

Mais pourrait-on, au moins en partie, régler le problème en donnant à la Grèce quelques années supplémentaires pour atteindre les objectifs fixés ?

Cela ne règlerait rien. Un ballon d'oxygène de 2 ans serait de toute façon anéanti par la nécessaire poursuite des efforts financiers en temps réel. Reporter les échéances coûterait même aux pays prêteurs jusqu'à 32 milliards d'euros pour permettre à l'Etat grec de continuer à tourner : de la trésorerie, en quelque sorte, pour assurer le quotidien et la paie des fonctionnaires. Bref, un cautère sur une jambe de bois que les banques ne veulent plus assumer car elles savent qu'elles seront remboursées après les institutions européennes (ce sont les nouvelles règles). On est donc loin d'un accord politique d'ensemble. Avant de dire oui au déblocage d'une nouvelle tranche du plan de soutien à la Grèce, les différents pays doivent obtenir l'aval de leurs Parlements. D'autres nations comme les Pays-Bas ou la Slovaquie veulent obtenir des garanties sur la soutenabilité de la dette grecque car ils savent le challenge pratiquement inatteignable. On a de plus en plus l'impression de regarder une de ces mauvaises séries télévisées américaines, sans scénario ni dialogue, et dont les comédiens ont parfois bien du mal à se dépêtrer. C'est à se demander si la seule solution qui vaille n'est pas de faire purement et simplement table rase, repartir de zéro. Pourquoi ne pas le dire tout de suite et en tirer toutes les conclusions : effacer la dette sans forcément pousser la Grèce à sortir de la monnaie unique. Depuis 2010, l'Europe a déjà engouffré 240 milliards d'euros pour sauver le soldat hellène. Peut-on se permettre - et est-il raisonnable - d'aller encore plus loin ?

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