Emploi, le challenge difficile de François Hollande

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La hausse du chômage a donc marqué une pause au mois de mai, une première après 2 ans de progression ininterrompue. A ce stade, une question s'impose : l'ambition de François Hollande d'inverser la courbe du chômage d'ici la fin de l'année peut-elle se concrétiser ?

Le challenge est très risqué pour le Président de la République et les déclarations du gouvernement après la publication des chiffres du mois de mai hier soir montrent combien l'équipe en place tient à rester prudente. "Nous sommes encore loin du but" reconnaît Jean-Marc AYRAULT.
L'accalmie du mois de mai, cohérente avec certains signaux favorables ces dernières semaines, est un encouragement à poursuivre les efforts.
Accalmie oui mais retournement non ! Certes, la production industrielle a légèrement rebondi en avril, les contrats d'intérim remontent depuis octobre, un peu plus d'embauches ont été constatées le mois dernier... mais l'INSEE a confirmé hier que la France était entrée en récession. Surtout, la confiance n'a toujours pas regagné les entreprises. Or, c'est de la confiance que dépendent en grande partie les investissements, donc les emplois de demain.


Comment l'Etat peut-il rebondir sur cette accalmie du mois de mai ?*

A ses yeux, la solution passe par les emplois aidés.Dès lors, on est confronté à un problème bêtement mathématique. Entre les 130 ou 140.000 personnes qui arrivent sur le marché du travail cette année et les 115.000 suppressions d'emplois prévues par l'INSEE, il faudrait donc créer grosso-modo 250.000 emplois pour stabiliser l'ensemble. En face, on a les projets du gouvernement : créer environ 100.000 contrats d'avenir, 40.000 contrats de génération et quelque 30.000 par qualification. Tout cela est largement en dessous de l'évolution prévisible du chômage. CQFD.

On semble donc dans une impasse !

D'autant plus que, même si les emplois aidés permettent effectivement aux bénéficiaires de remettre le pied à l'étrier, ce ne sont pas des emplois durables dans le secteur public ou associatif. Ce sont les entreprises qui créent l'emploi. Ces entreprises, elles peuvent dès aujourd'hui embaucher 150.000 personnes mais elles ne trouvent pas les bons candidats par manque de formation. Dans ce cas précis, les emplois aidés ne sont d'aucun recours.
Et puis il y a les occasions manquées. Un seul exemple avec la loi Duflot sur le Logement dont il est beaucoup question cette semaine. Le texte est centré sur la défense du locataire face au propriétaire mais n'aborde pas l'autre vrai sujet concernant le secteur de l'immobilier sinistré : celui de sa compétitivité. Moins de 250.000 logements seront construits cette année et le secteur devrait supprimer 40.000 emplois.  
Les emplois aidés, c'est bien... mais on ne règle pas les problèmes structurels par des mesures conjoncturelles. François Hollande l'apprendra peut-être à ses dépens à la fin de l'année alors que la question du travail est aujourd'hui la préoccupation majeure des français.
On vient de voir que le challenge du chef de l'Etat est plus comptable que pragmatique. C'est tout le problème des promesses. Eviter une nouvelle crise de confiance risque d'être difficile une fois arrivée l'échéance de la fin d'année.

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