EADS se voit pousser des ailes

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Le groupe européen d'aéronautique et de défense EADS a réalisé une excellente année 2012 avec un chiffre d'affaires en hausse de 15% proche de 56 milliards d'euros. Bonne nouvelle dans le contexte de crise en Europe.

D'autant plus intéressant qu'EADS est par excellence le groupe qui va porter nos couleurs partout dans le monde. Et puis le  pavillon prouve que, même dans un contexte très difficile, on peut s'en sortir. Cest vrai, EADS n'est pas la PME du coin, mais la multinationale rencontre elle aussi les difficultés proportionnelles à sa taille. Quels sont donc ces bons résultats ? Un confortable chiffre d'affaires, un bénéfice d'exploitation en hausse de 29% à un peu plus d'1 milliard, à quoi on ajoutera une trésorerie confortable de 12 milliards et demi et, surtout, un carnet de commande qui affiche 566 milliards d'euros au compteur, soit au bas mot dix ans de chiffre d'affaires.

On pourrait presque parler de santé insolente. Quelles sont les raisons du succès ?

Il y a quand-même une petite ombre au tableau : la filiale militaire CASSIDIAN dont l'activité a baissé l'année dernière. Pour ce qui est des bons résultats, ils sont portés par les trois principales entités du groupe : ASTRIUM qui défend bec et ongles sa position de leader européen du spatial ; AIRBUS qui se voit pousser des ailes sur les marchés internationaux ; et puis un Eurocopter en forme. Mais ces trois pépites ne brilleraient pas autant sans le positionnement international d'EADS. Le groupe signe aujourd'hui entre 35 et 40% de ses carnets de commande en Asie et un peu plus de 20% en Amérique du Nord. L'essentiel de l'activité se fait donc en dehors du Vieux Continent et s'il existait un Arnaud MONTEBOURG d'envergure européenne, celui-ci se féliciterait de voir EADS conserver 90% de ses effectifs en Europe de l'Ouest.

Tom ENDERS a pris la direction d'EADS au mois de mai dernier. Depuis, il a eu le temps de peaufiner sa stratégie et vient de lever une partie du voile lors de la présentation des résultats.

On peut retenir au moins 4 chantiers. Le premier, c'est le talon d'Achile : la faible rentabilité que Tom ENDERS entend améliorer. Aujourd'hui, l'indicateur de performance de l'entreprise avant impôts et événements exceptionnels n'est que de 5% contre 12% pour DASSAULT, 9% pour le britannique BAE SYSTEMS ou 7 et demi% pour BOEING. L'objectif sera d'appliquer à tous projets l'équation risques / profits.
Renforcer la qualité produit : 820 millions d'euros ont été mis de côté dans les comptes 2012... le groupe a été échaudé par les fissures dans le fuselage de l'A380.
Renforcer l'outil de production notamment avec une nouvelle chaine de montage à Toulouse pour l'A-350.
Enfin, pas question d'abandonner les activités défenses malgré la baisse des budgets un peu partout dans le monde. Fils de Berger et officier de réserve de l'armée allemande, Tom ENDERS se veut pragmatique mais après la fusion manquée avec le britannique BAE SYSTEM, le " plan 2020 " est enterré et la stratégie mérite d'être précisée. On en saura plus dans le milieu de l'année.

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