Débat d'orientation budgétaire 2014, c'est parti

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Le débat d'orientation budgétaire s'ouvre aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Devant les députés, le gouvernement va défendre les économies qu'il compte réaliser pour maintenir le déficit public à 3 et demi% du PIB (contre 2,9% initialement prévu). Ca va chauffer dans l'hémicycle.

C'est un grand
débat qui risque de virer au grand déballage tant les choix budgétaires vont
créer des frustrations, aussi bien dans les ministères que chez certains
partenaires ou amis  politiques de la
majorité.

Mais on ne fait pas
d'omelettes sans casser des œufs. Cette fois-ci, Elysée et Matignon ont décidé
de marquer le coup en jouant les économies. On peut dire, pour la première
fois, de manière importante. L'effort budgétaire sera concentré aux 2/3 sur la
baisse des dépenses. François Hollande entend ainsi réponde aux critiques sur
le flou qui entoure sa stratégie. Ces dernières semaines, la Cour des comptes
l'aura aidé en ce sens avec plusieurs rapports très directs sur le mauvais état
des finances publiques et la nécessité de prendre le taureau par les cornes. Le
plus difficile va être de faire passer la pilule.

14 milliards
d'économie au total (des estimations d'économistes placent la barre beaucoup
plus haut). Où va-t-on les trouver ? Comment va-t-on procéder ?

En 2 temps. 9
milliards d'euros trouvés l'an prochain sur les dépenses de l'Etat et le
fonctionnement des agences publiques, plus 5 milliards d'ici septembre sur les
régimes spéciaux. La machine étatique devra coûter 100 millions d'euros de
moins (gel du point d'indice des fonctionnaires, réduction de la masse
salariale avec 3200 fonctionnaires en moins (le solde entre les embauches dans
certains secteurs comme l'Education et les départs dans d'autres branches comme
la Défense).

Les 600 agences de
l'Etat (Météo France, CNRS, Centre National de la Cinématographie, etc...)
devront se serrer la ceinture pour 1 milliard 200 millions d'euros.

Enfin, les
ministères. Si la Solidarité et l'Insertion voient leur budget augmenter de 3%
et le Travail de 7%, les grands perdants seront l'Agriculture et surtout
l'environnement (-7%). Une pilule amère de plus pour les écologistes désabusés.

Pas de hausse
d'impôts alors ?

Cela, c'est la
promesse du Président Hollande. Or, on se souvient du modérato que le chef de
l'Etat avait apporté lors de sa dernière intervention télévisée.
"L'idéal'', avait-il dit, serait que nous n'ayons pas à augmenter la
pression sur les ménages.

Mais l'idéal, c'est
comme l'impossible : nul n'y est tenu. Le terrain est déjà préparé. Il a été
ensemencé vendredi par le rapporteur du Budget à l'Assemblée nationale : si
l'urgence budgétaire l'oblige, il faudra utiliser l'outil fiscal a prévenu
Christian ECKERT. Chassez le naturel, il revient au galop. Cela passera
probablement par un impôt écologique, une augmentation progressive de la
taxation du gazole ou encore un alourdissement de l'imposition des contrats
d'assurance vie.

Oui le débat va
être chaud. Tout comme l'été et la rentrée de septembre avec la réforme des
retraites. Mais que l'on se rassure : il y aura un pilote dans l'avion. Pas de
Fort de Brégançon pour François Hollande qui devrait préférer sa résidence
d'été à Versailles... pratiquement aucune trêve non plus pour les membres du
gouvernement qui ont reçu l'ordre de ne pas prendre plus de deux semaines de
vacances, et d'être disponibles à tout moment, pour peaufiner leurs dossiers.

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