Croissance et emploi, le pire n'est jamais sûr

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Chômage en hausse au mois d'octobre, sombres prévisions de l’OCDE pour l'économie mondiale l'an prochain mais des marchés financiers au meilleur de leur forme hier. C’est à n’y plus rien comprendre.

C’est à la fois la logique des marchés et un signe des temps : les opérateurs ont désormais les yeux rivés sur l’avenir de l’Europe et ne sont plus impressionnés par quelques indicateurs macro-économiques nationaux emblématiques comme le chômage en France. Les chiffres publiés hier concernant le chômage et les sombres perspectives de croissance au sein de la zone OCDE relèvent d’un phénomène cumulatif : l’effet mécanique de la détérioration conjoncturelle qui entraîne une extrême prudence des acteurs de l’économie réelle. Lors de la crise de 2008/2009, les entreprises avaient été prises de cours et n'avaient pas réagi immédiatement en jouant sur la variable d'ajustement qu'est l'emploi. Cette fois-ci – chat échaudé craint l’eau froide – les entrepreneurs n’embauchent plus. L'angoisse est générale. Si on prend la seule industrie, selon l’INSEE : les perspectives d’investissements pour 2012 ont été revues en très nette baisse de 12 à 4%.

Comment peut-on s'adapter à cette situation et ne pas subir la dégradation générale ?

Il y a deux sujets : l’Europe et les solutions à apporter pour permettre aux entreprises de faire le dos rond. D’abord : le sommet européen prévu les 8 et 9 décembre prochains… il faut que des décisions politiques concrètes en sorte pour rétablir la confiance générale. Nous souffrons trop aujourd’hui d’une crise de défiance à l’égard de nos institutions et de leurs capacités à trouver des réponses à la crise. Premier point. // Deuxième point : sans refaire un Grenelle de l'emploi, il est temps de se mettre tous autour d’une même  table pour discuter de solutions concrètes EN TOUTE INTELLIGENCE (syndicats et patronat au premier chef). Un  seul exemple qui a fonctionné notamment en Allemagne : en plein cœur de la précédente récession, les partenaires sociaux sont convenus de privilégier le chômage partiel. Certes, on baisse les rémunérations et on fait de la formation professionnelle mais l'emploi est préservé. Ne vaut-il pas mieux une réduction de salaire modérée pendant une période d’inactivité plutôt que de licencier et casser le lien avec l'entreprise ?!! Encore faut-il que tout le monde joue le jeu : les entreprises et le gouvernement. En clair : que l’effet de la baisse des salaires soit partagée. Réfléchissons à cela... plus loin que la seule Allemagne, certains pays l'ont fait et ne le regrettent pas.

Quant à la conjoncture… l’OCDE parle d’une prochaine et possible récession  pour la France.

Les plus grosses incertitudes reposent sur le quatrième trimestre 2011 et le premier trimestre 2012. La récession se définit par deux trimestres consécutifs de repli du Produit Intérieur Brut. Si récession il doit y avoir, cela serait probablement sur cette période. Mais c’est faire fi de certains indicateurs qui montrent un relatif maintien de l’économie mondiale, notamment grâce au Japon qui pourrait nous aider à garder la tête hors de l’eau. Donc attendons de voir… le pire n’est jamais sûr.