Crise en Europe, il y a encore du pain sur la planche

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Après plus de 10 heures de réunion au sommet, les dirigeants de la zone euro sont donc finalement parvenus à un accord cette nuit sur un plan contre la crise de la dette... tout le monde pousse un gros "OUF" de soulagement.

Ce n'était pas gagné mais les résultats obtenus sont à la hauteur de la dramaturgie qui entourait la perspective de ce rendez-vous depuis plusieurs jours. Concrètement : sur quoi les 17 pays membres de la zone euro devaient-ils se mettre d'accord ? : Trois points essentiels : la décote de la dette grecque ; l'avenir du Fonds Européen de Stabilité Financière et la recapitalisation des banques. Sur ces trois points, on a largement avancé mais dans les détails, l'accord reste complexe et certaines interrogations demeurent.

Regardons les trois points que vous évoquiez, à commencer par la dette grecque.

Et bien la moitié de cette dette va être effacée. Cela veut dire que les banques, les créanciers privés, vont s'assoir sur 50% de l'argent prêté, ce qui représente 100 milliards sur les 210 milliards d'euros de titres grecques qu'ils détiennent. De leur côté, les gouvernements de la zone euro vont mettre sur la table 130 milliards sous forme de prêts permettant de ramener la dette de plus de 160% du PIB actuellement à 120% en 2020... un niveau jugé supportable par les autorités européennes.
Deuxième avancée : l'avenir du Fonds Européen de Stabilité Financière. Les capacités de ce fonds vont être démultipliées... aujourd'hui doté d'une force de frappe de 440 milliards d'euros, on s'est mis d'accord pour monter à 1.000 milliards... c'est le chiffre qui circulait depuis quelques jours. Dans la forme, l'effet de levier sera obtenu via un double mécanisme : le fonds aura plus un rôle d'"assureur-crédit" que de véritable banque (ce que refusait l'Allemagne)... il assurera au moins partiellement les dettes souveraines émises par les pays en difficulté... et d'un autre côté, un "véhicule spécial" va être créer, une structure qui sera adossée au FESF et au Fonds Monétaire International et à laquelle pourront participer des investisseurs internationaux comme la Chine ou d'autres pays émergents.

Et qu'en est-il de la recapitalisation des banques ?

Et bien c'est le troisième point d'accord... les discussions ont duré toute la nuit... Nicolas SARKOZY et Angela MERKEL ont discuté en tête à tête avec les autorités bancaire pour les convaincre. Les établissements financiers qui en auront besoin seront recapitalisées... pour l'ensemble des banques européennes, les besoins ont été chiffrés à 106 milliards d'euros par l'Autorité bancaire Européenne... cet argent, les banques devront aller le chercher elles-mêmes sur les marchés.

Voilà pour les acquis... tous les problèmes sont-ils réglés pour autant ?

Non, loin s'en faut. D'ailleurs, la directrice générale du FMI Christine LAGARDE salue ce qu'elle appelle des "progrès substantiels" mais pas plus. D'abord, on ne peut pas dire que la Grèce soit définitivement sauvée... le pays doit continuer sur la voie de la rigueur. Ensuite, rien n'est concrètement réglé sur la gouvernance économique de la zone euro ! Quid d'un véritable gouvernement avec un ministre européen des Finances ?!! Enfin - mais la liste n'est pas exhaustive : quel rôle pourra jouer à l'avenir la banque Centrale Européenne qui a fait beaucoup ces derniers mois pour soutenir à bout de bras les pays en difficultés ?... de tout cela on parlera plus tard. Une chose est sure : comme l'a récemment souligné le Président de l'Autorité des Marchés Financiers Jean-Pierre JOUYET : "grande ironie de l'histoire : ce sont les marchés financiers qui sont en train d'imposer l'Europe politique".

Vous êtes à nouveau en ligne