Crise de la dette, vers une Europe à deux vitesses

L'Europe est toujours aux prises avec ses vieux démons. Après la Grèce, l’Italie fait peser de lourdes interrogations sur la viabilité économique et financière du Vieux continent plus que jamais, dit-on, menacé d’éclatement.

Comme disait un ancien Premier ministre : « la pente est raide mais, au moins, la route est droite ». Où nous mène la route aujourd’hui ? Vers la construction d’une nouvelle Europe. Cette construction doit elle avoir pour préalable un éclatement pour repartir sur des bases neuves ?... le mot est trop fort. Il est d’autant plus fort que bon nombre d’observateurs et d’économistes travaillent depuis longtemps déjà à un scénario bien moins apocalyptique qui repose sur une zone euro à deux vitesses. Cette zone mal construite dès l’origine et qui a vu s'imposer au fil des ans deux groupes distincts : le premier centré autour de l’Allemagne avec un modèle de développement fondé sur l’industrie et l’exportation (qui génère des excédents commerciaux) ; le second centré sur la France, l’Italie et l’Espagne avec un modèle économique reposant sur la consommation intérieure et les loisirs, qui a plutôt tendance à générer des déficits extérieurs. Les solutions ? Et bien l’une d’elle serait de couper la zone en deux blocs Nord et Sud. Le Nord avec un euro-mark fort et un Sud disposant d’un euro dévalué pour permettre aux économies concernées de redresser leurs comptes extérieurs.

Ces solutions sont-elles étudiées en haut lieu à Bruxelles ?

Non. Les discussions sont menées de manière plus étroites. Si l’on en croît l’agence Reuters, les téléphones fonctionnent à plein régime depuis plusieurs semaines entre Paris et Berlin. Evidemment, les deux capitales démentent l’existence de telles discussions mais des diplomates de haut rang ne sont pas avares de confidences. Les discussions porteraient sur la construction d’une zone euro plus homogène, capable de parler d’une seule voix, et affranchie de la paralysante règle de l’unanimité au moment de prendre les décisions importantes. En d’autres termes, ceux des 17 pays membres actuels de la Zone euro qui ne seraient pas d’accord pourraient prendre congé.

Cela imposerait une importante réorganisation...

Il faudrait dans un premier temps modifier les traités européens (ce qui n’est pas une mince affaire). Ensuite, l’armature étudiée reposerait sur trois piliers : un système de vote pondéré en fonction du poids économique de chaque pays ; un secrétariat permanent de la zone euro établi à Bruxelles mais séparé de la Commission européenne et des sommets réguliers entre chefs d’Etats avec un Président permanent.

Et ce schéma fait-il l’unanimité ?

Oh non ! Hier soir, le Président de la Commission européenne José-Manuel BARROSO a mis en garde les partisans d’une Europe à plusieurs vitesses… immédiatement suivi par le Président du Conseil, Hermann Van Rumpuy. Le problème c’est que BARROSO est de plus en plus critiqué pour son côté trop consensuel ou diplomate ; et Monsieur Van Rumpuy est aussi peu charismatique que Catherine ASHTON qui brille par son inconsistance dans son rôle de Madame Politique Etrangère et de Sécurité Commune. Bref, que ce soit pour ses structures politiques ou ses chefs, l’Europe est vraiment, aujourd’hui, à la croisée des chemins.

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