Crise, chacun dans son pré et les vaches seront bien gardées

C’est donc une nouvelle semaine agitée qui s'annonce sur le front de l'économie européenne. Ce week-end, les ministres de l’économie et des finances des pays les plus industrialisés se réunissaient à Marseille… la réunion semble avoir accouché d'une souris !

Il n’y a pas eu de déclarations solennelles et de mesures anti crise annoncées concrètement mais un point mérite quand-même d’être souligné… à mon avis, il ne l’a pas été suffisamment. Européens et américains ont clarifié leurs rôles respectifs… autrement dit : chaque camp s’est mis d’accord pour décider qui fait quoi dans le contexte de crise : aux européens la charge de régler, en interne, leurs problèmes de dettes (quitte à laver violemment le linge salle en famille) ; aux américains la lourde tâche d’arrimer la reprise économique et de relancer le moteur en panne. Comme le dit le bon sens paysan : « chacun dans son pré et les vaches seront bien gardées ».

C’est à dire que nous, européens, devons laisser la seule responsabilité de la reprise économique à l’Oncle Sam ?

Non. Cette clarification des rôles montre que les décideurs politiques veulent exploiter au maximum les chances de sortie de crise : faire en sorte que l’économie réelle reprenne le dessus sur la spéculation ravageuse et suicidaire. Maintenant, il ne faut pas que l’Europe laisse le leadership de la reprise économique aux seuls Etats-Unis. Le plan de relance pour l’emploi que Barack OBAMA veut faire adopter par le Congrès, et dont je vous parlais ici-même sur France Info vendredi, n’est pas le remède miracle. Mais les Etats-Unis peuvent donner le LA pendant que nous réglons nos problèmes sur le Vieux Continent. L’Europe devra ensuite prendre le relai, notamment grâce aux pays dont la santé économique est la plus solide (on peut penser en particulier à l’Allemagne…).

Faut-il encore que cette dernière accepte de jouer le jeu !

Ca, c’est une autre affaire... au G7 de Marseille, l'Allemagne a d'ailleurs opposé une fin de non recevoir à une cette hypothèse d'être le seul aiguillon de la reprise en Europe. Mais je tirerai une dernière leçon de ce rendez-vous marseillais. On voit bien que, dans le contexte de crise actuel, les Etats-Unis ont besoin de l’Europe et que - EXCEPTION FAITE DES SPECULATEURS - il n’y a pas un grand Vizir politique, dans son fauteuil de cuir, dans une salle obscure des sous-sols du Capitole à Washington qui manipule ses agents pour tuer l’Europe. Non, chacun a besoin de l’autre… sans être d’une naïveté béate, arrêtons de fantasmer, gardons la tête froide… n’en déplaise aux Cassandre qui attendent au coin du bois.

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