Créer de la "valeur" dans un monde sans croissance

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

L’Insee annonce un printemps économique plutôt dégagé en France. Au niveau mondial, les entreprises ne se sont jamais autant rapprochées par fusions ou acquisitions. Le niveau de 2015 a battu un record pour revenir à celui de l’avant crise en 2008. La machine économique repart réellement ?

Les chiffres du cabinet Deloitte montrent l’ampleur du phénomène : dix opérations supérieures à cinquante milliards de dollars l’an dernier… soixante dix opérations au-dessus de dix milliards. La principale "fusac" est le rapprochement entre les géants américains de la pharmacie Pfizer et Allergan pour 160 milliards de dollars. La France s’est classée troisième derrière les Etats-Unis et la Chine, en nombre d’opérations mais pas en valeur. Les plus gros coups tricolores en 2015 ont été réalisés dans les télécoms, les media et les technologies.

Pourquoi ce mouvement de concentration ?

Comme le résume très bien un économiste : il s’agit de créer de la valeur dans un monde sans croissance. Face à l’atonie de l’activité, on se serre les coudes, on se regroupe, on se renforce dans son propre secteur… l’union fait la force. Cela est favorisé notamment par le bas niveau des taux d’intérêts qui rend l’argent moins cher pour réaliser ce genre d’opérations.

Mouvements réellement positifs ?

Le problème est de savoir de quelle force et de quelles valeurs on parle. Ces regroupements qui permettent des économies d’échelle sont généralement coûteux en emplois. Et puis un autre chiffre vient nuancer la bonne santé des fusions-acquisitions : celui des investissements directs dans le monde. Ils ont baissé de 10% en 2015. Les entreprises se regroupent, elles font ce que l’on appelle de la croissance externe, mais n’investissent pas assez dans l’outil de production. C’est particulièrement vrai, en ce moment, dans les secteurs de l’énergie et des matières premières à cause de la chute des cours du pétrole et des matières premières.

Relativiser

Rien n’est jamais gagné d’avance. Il en va dans l’entreprise comme en politique. Un autre exemple est celui des chiffres de l’Insee. Ces derniers montrent une amélioration de la croissance.

Mais tout dépend ce que l’Etat fera des marges de manœuvres ainsi dégagées. Va-t-il mettre de côté ou continuer de dépenser à bride abattue  comme il sera très tentant de le faire avant l’élection présidentielle, au risque d’aggraver nos comptes publics ?

Les britanniques ont tranché : Londres a annoncé jeudi 16 mars une baisse de l’impôt sur les sociétés (de 20% il devrait passer à 17%. Nous sommes aux alentours de 33% en France). La baisse de l’IS, ce n’est pas le CICE. C’est une baisse franche de l’impôt qui a un impact immédiat sur la création d'emplois. La mesure n’est pas électoraliste ses effets s’inscrivent sur le long terme.