Chômage : quelques raisons d'espérer

Le chômage est reparti à la hausse en février. +0.9% avec 31.500 nouveaux inscrits à Pôle Emploi. Ce chiffre tombe très mal en pleine période électorale, mais c'est l'occasion de rebondir et d'accélérer les réformes.

A quelque chose malheur est bon.
Dans un premier temps, cela s'appelle avoir la scoumoune, la malchance. Alors
que le président de la République avait tout misé sur l'inversion de la courbe
du chômage d'ici la fin de l'année dernière, voir ce chiffre terrible tomber à quatre
jours du second tour des municipales qui s'écrivent déjà comme une Bérézina
politique pour la majorité, quel pire scénario pouvait se produire ? Mais le
temps n'est plus aux lamentations. Cette douche froide doit servir à tirer tous
les enseignements.

Plus des enseignements qu'une véritable
conclusion ?

C'est un peu comme si on repartait à
zéro. La hausse de février nous ramène au début 2013, au moment où tous les
espoirs étaient encore permis. C'est la preuve flagrante de ce que n'ont cessé
de dire les économistes, et que n'ont cessé de nier les politiques, préférant
miser sur la méthode Coué.

1/ Il est impossible d'inverser la
courbe du chômage et de créer de l'emploi sans une croissance d'un et demi %.
Pourquoi l'Elysée et Matignon ont tenu mordicus sur l'inversion avec une
croissance zéro, voire très légèrement positive ? C'était nier la réalité, on en
voit les résultats aujourd'hui.

2/ La poussée du chômage des jeunes
le mois dernier montre les limites des emplois aidés. C'est l'échec de ce que
l'on appelle le traitement social du chômage. Les contrats aidés dans le
secteur public ou associatif ne sont pas pérennes. Au bout de huit mois de
missions, le jeune de moins de 25 ans en difficulté, à qui s'adresse le
dispositif, se retrouve sur le bord de la route.

3/ On ne peut régler ces importantes
questions par de simples incantations. Il faut de vraies réformes structurelles
et tout cela se travaille sur le long terme.

Avec tout ce qui a déjà été essayé, on
peut se demander ce qui peut bien encore fonctionner ?

Dans cet océan de mauvaises nouvelles,
François Hollande peut au moins se réjouir et se féliciter d'une mesure : le
CICE, le Crédit Impôt Compétitivité Emploi, qu'il a lui-même instauré.

Grâce au CICE, en 2013, le coût du
travail a moins augmenté en France qu'en Allemagne. Chiffres à l'appui, l'écart
se réduit avec nos partenaires d'outre-Rhin (+0.2% de progression pour le coût
d'une heure de travail en France contre 2,2% en Allemagne). Les entreprises
tricolores regagnent en compétitivité face à la locomotive européenne.
Qu'est-ce que le CICE ? Une baisse de charges sur les entreprises. Ce que
beaucoup considèrent comme un cadeau fait aux patrons commence à porter ses
fruits. Qui dit plus de compétitivité, dit plus d'innovation et donc à terme
plus d'emplois.

Une grande partie de l'opinion n'a
pas compris l'enjeu car nous sommes restés sur la récupération et les querelles
politiques. Donc tout n'est pas perdu dans l'action gouvernementale mais il
faut passer la vitesse supérieure. Ce que ne va pas manquer de faire le chef de
l'Etat dès la semaine prochaine avec des annonces mélangeant subtilement
soutien aux entreprises et geste envers les ménages. Gageons que les élections
municipales auront servi d'électrochoc salutaire.

Vous êtes à nouveau en ligne