Banques et crise : bonus ou pas bonus ?

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En marge de l’accord intervenu hier à Bruxelles pour lutter contre la crise de la dette en Europe, vous revenez ce matin sur la participation du secteur bancaire...

Oui on a vu les banques faire preuve d’une grande capacité d’adaptation. Dans la nuit de mercredi à jeudi, elles ont accepté de renoncer à la moitié de l’argent prêté à Athènes (soit une perte nette d'environ 100 milliards d’euros). Parallèlement, les banquiers ont confirmé qu’ils porteraient tout de suite leur ratio de fonds propres à 9% (ce ratio représente la différence entre le capital et les bénéfices, et les prêts accordés. C’est un peu le principe de précaution : on fait en sorte d’avoir plus dans les caisses qu’on ne prête, comme cela le risque est couvert). Or ce taux, ce ratio de 9%, était prévu pour 2019. Jusqu’à présent, en France, les banques ne cessaient de dire que ces objectifs les étoufferaient et tueraient à petit feu leur offre de crédit. Et bien il n’en est plus rien… tout va bien se passer nous dit on du côté des grands boulevards.

Comment expliquer ce revirement ?

Et bien c’est ce qui intrigue certains d’observateurs. Soit, il y a quelques mois, voire quelques semaines encore, les banques tenaient un discours alarmiste qui n'avait pas lieu d'être… soit ce revirement cache quelque chose… et d’aucuns invoquent déjà la question des rémunérations sur le principe du donnant-donnant : on dit ok aux objectifs fixés par Bruxelles mais en échange, laissez nous tranquilles sur nos bonus. Je ne fais pas de procès d’intention… je schématise simplement ce qu’inspirent à certains spécialistes du secteur les déclarations des uns et des autres ces dernières heures.

D’ailleurs, le Président de la Fédération Bancaire Française, Frédéric OUDEA, a déclaré hier que les banques ne détermineront le montant des bonus et des dividendes qu’à la fin de l’année…

Oui et ce, alors même qu’à Bruxelles hier, les autorités européennes ont clairement demandé aux banques de renoncer à distribuer dividendes et bonus en cette période de crise. Frédéric OUDEA – qui est par ailleurs le patron de la Société Générale – déclare que les banques prendront en compte les recommandations européennes mais qu’il appartiendra à chaque établissement de se déterminer. Un seul chiffre concernant les rémunérations du secteur bancaire : tous salariés confondus, jusqu’à la fin des années 90, cette rémunération était en moyenne 30% supérieure aux autres secteurs d’activité. En 2003/2004, on était monté à 60%… aujourd’hui, les salaires du secteur bancaire sont 50% supérieurs aux autres branches professionnelles.

Mais les banques peuvent dire qu’elles sont privées et qu’elles font ce qu’elles veulent de leur argent !

C’est vrai. A la seule nuance prêt qu'elles ont quand même une mission de service public, ou à défaut, une mission d’intérêt public. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs… ne jetons pas l’anathème… et attendons la promesse du représentant des banquiers : bonus ou pas bonus, dividendes ou pas dividendes… « on verra à la fin de l’année » !!!

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