Baisse des taux d'intérêt par la BCE, les conséquences pour les ménages

La Banque Centrale Européenne a réduit ses taux d'intérêt hier pour la première fois depuis près d'un an. Le principal taux auquel les banques commerciales empruntent de l'argent à la BCE est désormais fixé à 0.5%. Un nouveau plus bas historique censé contribuer à la relance de l'économie.

Le Président de la BCE Mario Dragui a décidé de passer à
l'acte alors que l'économie européenne est enlisée et que le taux de chômage
dans la zone euro atteint des sommets : 12% de la population active est
sans emplois dans l'Eurogroupe. On atteint 26% en Espagne, plus de 27% en
Grece. Mario Dragui estime que le pacte pour la croissance de 120 milliards
d'euros décidé l'an dernier par les 27 chefs d'Etats et de gouvernements
européens est resté largement en-dessous des attentes, d'où cette tentative de
relancer la machine en jouant sur la politique monétaire. Le premier effet
étant bien sûr la baise du coût du crédit pour les entreprises, à condition que
les banques commerciales suivent le mouvement.

Concrètement, outre ces grandes données macro-économiques,
les particuliers, les ménages, sont-ils aussi concernés par la baisse des
taux ?

Il y a les conséquences directes et indirectes. Côté
positif, la première conséquence immédiate concerne les emprunteurs qui voient
le coût de leur crédit s'alléger (si vous allez voir votre banquier demain pour
souscrire un emprunt, rappelez lui avec insistance que les mouvements
monétaires de la BCE n'ont plus de secret pour vous et demandez-lui un taux inférieur
à celui de la veille. Si vous réunissez toutes les conditions requises, cela
devrait marcher). Pour ce qui est de l'impact positif indirect et de plus long
terme, c'est la baisse de l'euro. Notre monnaie est censée devenir plus
compétitive face aux autres devises et permettre à nos entreprises de vendre
moins cher à l'étranger. Des entreprises qui se développent, c'est de l'emploi.
Malheureusement, tout cela paraît bien loin de la réalité en ce moment. Tous ces
efforts doivent s'appliquer sur le long terme pour être efficace.

Les conséquences négatives ?

La première c'est la baisse de la rémunération des
placements de court terme – quand on y ajoute une faible inflation, ce qui est
le cas aujourd'hui – (Livret A, Sicav monétaires, comptes à terme...)... d'où
un nouveau probable repli du rendement du Livret A le 1er août prochain, sauf
si le gouvernement en décide autrement. En revanche, l'épargne longue devrait
en profiter, l'assurance-vie par exemple.

Il est intéressant de voir que les politiques monétaires se
rapprochent de plus en plus entre l'Europe, les Etats-Unis et le Japon. Les
écarts de taux se resserrent : 0.5% désormais en Europe, 0.2 aux Etats-Unis,
entre 0 et 0.1 au Japon. Le mouvement n'est pas coordonné mais sonne comme une
mobilisation générale en faveur de la relance ou de l'accompagnement du
frémissement de reprise sensible aux Etats-Unis. Cela devrait bien finir par
porter ses fruits.

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