Assises de l'Entrepreneuriat : les pigeons satisfaits restent vigilants

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En marge des Assises de l'entrepreneuriat, François Hollande a annoncé hier une série de mesures destinées à favoriser la création d'entreprise et mettre un terme à la révolte des "pigeons ". Exercice réussi.

On a assisté hier à la concrétisation du nouveau discours présidentiel amorcé avec la rébellion des ''pigeons'' au printemps dernier. Imposition des plus values de cession allégée, mobilisation de l'épargne pour renforcer l'actionnariat des entreprises,  création d'un visa à destination des entrepreneurs étrangers, renforcement de l'enseignement de l'économie de la sixième à la terminale... avec le pacte de compétitivité et le rapport Gallois, le gouvernement dispose désormais de tous les ingrédients à déployer à court terme pour aider les PME et les Entreprises de taille intermédiaire.

On peut parler d'une véritable offensive de charme

Oui car le Président le sait : à l'heure du mauvais état des finances publiques, la création d'emplois ne peut venir que d'entreprises dynamiques du secteur marchand, du secteur privé.
Le moment avait été voulu solennel. Organisé à l'Elysée comme pour mieux souligner l'engagement de l'Etat auprès des entrepreneurs, en présence du ban et de l'arrière ban du gouvernement. Qu'elle soit qualifiée de "sociale libérale" ou de "sociale démocrate", la ligne défendue par le chef de l'Etat ne va certainement pas détendre les relations du château avec la gauche de la gauche.

Ces mesures sont-elles de nature à lever les malentendus avec les "pigeons" ?

Hier soir, l'enthousiasme l'emportait chez les chefs d'entreprises concernés. Les patrons se disent confiants mais restent vigilants car les actes vont devoir succéder à la parole (aucune précision n'a été donnée sur la date d'entre en vigueur des mesures annoncées qui devraient coûter entre 200 et 300 millions d'euros). Donc "devoir de vigilance", pour reprendre les termes du patron du Centre des jeunes Dirigeants Christophe Praud.
Toutes les mesures annoncées ne sauraient faire oublier ce que les entreprises attendent avant tout : une fiscalité plus accommodante. Eurostat l'a justement rappelé hier, avec une charge totale de l'imposition sur les entreprises de 44% de la richesse produite, la France a encore le taux d'impôt sur les sociétés parmi les plus élevé d'Europe.
Mais aux dires des dirigeants présents à l'Elysée, ces Assises de l'Entrepreneuriat ont eu le mérite de faire émerger la jeune génération au sein du gouvernement. Les entrepreneurs ont apprécié la manière dont la ministre des PME Fleur Pellerin les a écoutés et entendus... en rupture avec la traditionnelle garde politique et ministres poids lourds trop installés sur le dogme et les promesses. Hier, c'est le principe de réalité qui semble avoir repris le dessus.

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