Après les panneaux solaires et la céramique, l'Europe s'en prend au secteur des télécoms chinois

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Les autorités européennes ont annoncé hier le lancement prochain d'une enquête sur deux fleurons technologiques de l'Empire du Milieu : les groupes HUAWEï et ZTE, respectivement numéro 2 et 5 mondial du secteur. Bruxelles les suspecte de vendre à perte en bénéficiant de subventions publiques.

Vous avez déjà certainement vu – ou vous possédez peut-être - des
Smartphones de cette marque... les publicités ressemblent étrangement à d'autres
grands du secteur comme Apple mais les prix proposés sont de 30 à 40%
inférieurs.

Huaweï, ce ne sont pas que les mobiles... c'est aussi
l'installation de réseaux téléphoniques partout dans le monde !

En 2010, le groupe est devenu le numéro 2 mondial en réseaux
de télécommunications, juste derrière ERIKSON et devant NOKIA, SIEMENS, ALCATEL
ou CISCO. Son centre de recherche installé à Shangaï, d'où il arrose la
planète, occupe une surface proche de 230.000 m2 et emploie pas moins de 8000
ingénieurs tous dévoués à la cause. Selon les derniers chiffres en circulation,
Huaweï et ZTE auraient déjà pris à eux deux le quart du marché européen des
télécoms avec des importations qui s'élèvent à environ 1 milliard d'euro par
an.

Pourquoi est-ce la Commission européenne qui monte au
créneau et pas les principaux concurrents industriels ?

ALCATEL, ERIKSON et les autres ne bougent pas car le risque
d'une offensive en justice serait de se voir fermer le marché chinois qui est
un véritable eldorado. Et puis le groupe ZTE, par exemple, fournit à Bouygues,
Orange et SFR des matériels et mobiles sous Androïd en "marque
blanche" (sans nom) qui sont ensuite estampillés par les opérateurs. On
voit donc l'importance des enjeux industriels.

Et pour Bruxelles, c'est peut-être aussi l'occasion d'envoyer
un  message politique ?

Avec une double cible : les Chinois à qui on dit
attention, le commerce mondial c'est bien mais il faut quand même respecter
certaines règles
 ". A l'opinion européenne ensuite. Et là, c'est bien
joué, car celui qui est à la manœuvre à Bruxelles c'est Karel de Gucht,
l'un des commissaires les plus libéraux qui soient. Un libéral qui prend des
mesures protectionnistes. Le message est clair : l'ultra-libéralisme tant
décrié ne laisse pas faire n'importe quoi. Donc c'est volontairement violent et
les mesures de rétorsion chinoise ne sont pas loin. Pékin a fait savoir qu'elle
s'intéressait de près à notre fleuron des tuyaux sans soudure VALLOUREC qu'elle
accuse à son tour de pratiques déloyales avec subventions publiques. La suite
du feuilleton s'écrira dans les prochains mois. Bruxelles entend faire
réfléchir Pékin qui veut multiplier les accords de libre-échange avec l'Europe.
Tout cela est de bonne guerre.

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