Administrateurs d'entreprise : un jeton sinon rien

Lors de son intervention télévisée sur France 2 hier soir, le Président-candidat Nicolas SARKOZY a annoncé de nouvelles mesures centrées sur l'emploi. Il a aussi souhaité une plus grande transparence sur la rémunération des hauts dirigeants.

Nicolas SARKOZY a même annoncé qu'en cas de réélection, il proposerait l'interdiction des retraites chapeau et des célèbres parachutes dorés que les grands patrons négocient généralement au  titre d'indemnités pour leur départ. Le sujet alimente régulièrement la chronique. En début de semaine, le Président de L'Oréal annonçait la fin de la pratique des stocks options dans le groupe. Mardi, l'ancien PDG de VEOLIA et actuel Président d'EDF Henri Proglio affirmait avoir reversé la totalité de sa retraite chapeau complémentaire de VEOLIA à la Fondation de France. Les grands dirigeants commencent à sentir le vent du boulet. Mais il n'y a pas que le salaire fixe des hauts dirigeants. Il y a aussi ce que l'on appelle les jetons de présence. Les rémunérations qu'ils touchent en contrepartie de leur participation aux conseils d'administrations d'autres entreprises que la leur. A ce sujet, le magazine Challenges s'est procuré une étude confidentielle du cabinet Proxinvest.


Que dit-elle ? *

Et bien que  les administrateurs du CAC 40 se sont partagé l'an dernier quelque 39 millions d'euros au titre de ces jetons de présence. Proxinvest souligne que le jeton moyen autorisé au sein du CAC 40 a progressé de près de 3 et demi% sur un an, en pleine crise. Sur le podium des administrateurs français les mieux payés on retrouve Antoine Bernheim (692.000 euros avec six mandats d'administrateurs), Patricia Barbizet (numéro 2 du groupe PPR) 460.000 euros pour cinq mandats et le Président d'honneur de BNP PARIBAS Michel Pébereau 408.000 euros pour six mandats.


Cette étude pose aussi plusieurs questions.*

La première soulevée par Proxinvest est qu'au delà de 100.000 euros, la rémunération des administrateurs risque de créer une réelle dépendance économique préjudiciable à la gouvernance de l'entreprise. Ensuite, il y a le nombre de participations affichées par administrateur : la loi française interdit plus de 4 mandats... or, les chiffres que je viens de citer sont supérieurs. Et puis il y a les risques de conflits d'intérêt. Une entreprise va, certes, chercher les compétences de ses administrateurs (dans la majorité des cas, ces compétences sont indéniables et utiles pour prendre les décisions stratégiques) mais il peut y avoir parfois suspicions de consanguinité. Bref, de quoi effectivement relancer la polémique sur les "choses qui choquent et que l'on ne peut plus accepter" comme a dit hier soir sur France 2 Nicolas Sarkozy.

Vous êtes à nouveau en ligne