A400M : le coup de gueule du patron d'Airbus

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Le patron d'Airbus, Tom Enders, reconnaît des erreurs dans la gestion du dossier de l’avion militaire A400M qui rencontre des problèmes en cascades. C’est la première fois que la direction du groupe met ainsi les pieds dans le plat

L’A400M est la nouvelle génération d’avion militaire de transport de troupes que tout le monde attendait avec impatience… et que les clients attendent toujours d'ailleurs : huit pays ont déjà passé près de 180 commandes.

Mais l’avion développé par Airbus Defense Aerospace essuie de lourds problèmes techniques. On se souvient du crash d'un appareil qui avait fait quatre morts en Espagne il y a tout juste un an. L'avion était en tests avant sa livraison à la Turquie.

Illustration du malaise : l’armée française a dû acheter aux américains quatre Hercule C-130 pour pallier les aléas de l’avion européen.

 

Quels sont ces problèmes rencontrés par l’A400M ?

Le programme a pris dix ans de retard et en est déjà à un surcoût de six à huit milliards d’euros par rapport au budget initial (20MDS€). L'appareil est équipé de quatre moteurs de 11.600 chevaux visiblement trop puissants pour les missions qui lui sont assignées, dont le largage de troupes : les parachutistes se percutent à la sortie de l'avion, entrainés par les turbulences des hélices. Les études de souffleries ont été faites en grande partie par des cabinets civils.

 

Que dit le patron d’Airbus

Il reconnaît des « erreurs énormes », et balance littéralement dans la presse allemande. Dans une interview accordée à Der Spiegel , Tom Enders regrette que le groupe se soit laissé convaincre par certains chefs de gouvernement européen « de renom » de confier la construction des moteurs à un consortium peu expérimenté... pas très sympathique pour les équipementiers qui ont pignon sur rue dont le britannique Rolls Royce et le français Snecma.

 

Le projet dans son ensemble est-il remis en question ?

 Le programme A400M n’est pas menacé. Impossible de faire marche arrière. L’abandonner serait une erreur. C’est aujourd’hui le plus puissant avion militaire occidental, aussi rapide qu’un avion de ligne civil : deux jours de mission en A400M au lieu d'une semaine en Transall qu’il est appelé à remplacer.

En réalité, les déclarations de Tom Enders sonnent comme une mise au point alors que Paris et Berlin vitupèrent contre les dépassements de budget.

Encore un dossier emblématique des failles européennes sur les plans industriel et politique. La déjà fragile Europe de la défense n’avait pas besoin de cela.