Tout euro, tout éco. Une nouvelle PAC orientée vers l'emploi ?

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Un rapport sur la poolitique agricole commune, présenté au parlement européen à la fin de la semaine dernière, préconise de faire plus vert et de financer les plus petits. L’idée de cette nouvelle PAC qui va couvrir les années 2020-2026, c’est de stopper l’hémorragie des emplois.

Le un rapport d’Eric Andrieu, eurodéputé socialiste propose un nouveau type de financement de la politique agricole commune. Aujourd’hui la PAC est déjà plus verte et on supprime de plus en plus de quotas, dans le secteur du lait, des betteraves par exemple eton a déjà changé d’échelle. On pousse moins à produire et plus à se réorienter vers une agriculture durable respectueuse de l’environnement. Le Budget de la PAC n’a cessé de se réduire au fil du temps, passant des ¾ du budget européen dans les années 80 à 40% aujourd’hui. Mais on parle tout de même de 60 milliards d’euros par an. Le rapport Andrieu va plus loin puisqu’il se penche sur le rapport entre PAC et emploi.

Préserver l' emploi

A la naissance de la PAC, en 1962, il s’agissait d’assurer les approvisionnements donc d’accroitre la productivité. Quinze ans plus tard, les frigos bruxellois étaient pleins à ras bord d’excédents laitiers notamment. On a donc mis en place des quotas, on est passé par la jachère, le gel des terres, la modernisation, la libéralisation et la spécialisation des pays notamment à l’export, céréales en France, le porc en Allemagne. La constante dans cette PAC à géométrie variable et très adaptable, c’est celle des destructions d’emploi. En 62, un européen sur cinq travaillait dans l’agriculture; en 68, la PAC en a poussé beaucoup dehors, cinq millions ont cessé leur activité en Europe, soit la moitié du monde paysan. Aujourd’hui ils ne sont plus que 4 %, très peu de jeunes. D’où ce rapport du député européen qui veut mettre l’emploi au coeur de la future PAC.

Recette miracle ?

Pour Andrieu, verdir la PAC, c’est-à-dire être respectueux du climat et de l’Environnement, c’est bien mais nettement insuffisant, il faudrait raisonner en terme de territoire, se concentrer sur le local, les circuits courts, une production durable et des aides conditionnées par la création d’emploi. Il veut aussi aider en priorité les petites et moyennes exploitations, soit 8 fermes sur 10 dans l’UE. Et couper les fonds aux plus grosses qui ne représentent que 3 % des exploitations mais la moitié de la surface cultivée en Europe, les plus mécanisées, celles qui ne créent pas d’emploi et polluent le plus. L’agriculture qui va de crise en crise depuis des décennies, qui a mal supporté la fin des quotas, va-t-elle devoir subir un nouveau changement de cap. Pas sûr, on peut compter sur les lobbys de l’agro-alimentaire pour modérer le projet. Mais d’autres y réfléchissent aussi, le groupe de Brûges à Bruxelles qui déplore aujourd’hui un manque de direction commune, ou encore le centre européen des jeunes agriculteurs qui voudrait qu’on incite davantage de jeunes à s’installer.

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