Tout euro, tout éco. Prix laitiers : au bon beurre !

En Europe, en cette rentrée, c’est le beurre qui fait parler de lui. Son cours est devenu exhorbitant tout comme celui de la poudre de lait. On parle même de pénurie possible alors que les producteurs de lait, eux, ont toujours du mal à vivre de leur production.

Il est loin le temps où nous avions des surplus dans les frigos européens. Le prix du beurre a été multiplié par  deux et demi depuis un an soit 6,12 € le kg. Il y a deux ans, la tonne coûtait encore 1.800 €, aujourd’hui, on est passé à 5.400€.

Un bon énorme du à plusieurs facteurs. A commencer par une demande mondiale repartie à la hausse. Les consommateurs américains, par exemple, se détournent de la margarine au profit du vrai beurre qui avait jusque- là mauvaise presse pour le poids et la santé. La seconde raison, c’est que sa production a diminué au point que les professionnels annoncent une pénurie pour la fin de l’année avec une demande de 60.000 tonnes qui ne pourra pas être satisfaite puisqu’elle dépassera les stocks présents sur le marché. Le beurre prend le chemin du caviar mais, pas pour tout le monde.  

Vers une pénurie

Cette envolée des cours ne profite pas à tous. Les boulangers, pâtissiers, et biscuitiers, ont sonné l’alarme avant les vacances. Pour fabriquer leurs produits, il leur en coûtera 68 millions de plus que l’an dernier. Difficile de répercuter cette hausse sur le consommateur au risque de le perdre.

Mais les plus mécontents demeurent les producteurs laitiers. Certes, ils ont levé le pied sur une production qui ne leur rapportait pas assez et donc sont aussi responsables de la fonte des stocks. Mais ils sont toujours aussi mal rétribués. En France, le prix du lait tourne autour de 30 centimes le litre, autant dire qu’ils sont en crise depuis deux ans bientôt. Les producteurs ont d’ailleurs demandé une revalorisation de 10 % avant les vacances. Car c’est en France que le prix du lait stagne le plus.              

Un phénomène mondial

Pour une des plus grandes coopératives laitière au monde, Arla Foods, et ses 12.500 agriculteurs européens, le problème est mondial. Elle vient d’ailleurs d’augmenter le prix du lait pour la troisième fois, en le faisant passer à 38 centimes d’euro le litre. Selon Bruxelles, le fait que le lait soit davantage dirigé vers le fromage, produit plus rentable, explique aussi la situation.

Une association d’agriculteurs européens estime que le producteur et le consommateur devraient mieux s’y retrouver. Ce qui signifierait en France de revenir sur la loi LME, la loi de modernisation de l’économie de 2008, qui apporte plus de flexibilité dans les négociations entre la grande distribution et les producteurs au risque de les étrangler. Cette loi était inspirée par Jacques Attali. Faut-il vraiment lui dire merci ?

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