Tout euro, tout éco. Pays-Bas : le risque de l'extrême droite ?

Mercredi prochain, les Pays- Bas élisent leurs députés, avec en toile de fond cette question : seront-ils les premiers en Europe à porter l’extrême droite, c’est-à-dire le PVV de Geert Wilders, sur le devant de la scène. Une élection à surveiller de près ici en France.

Les français s’arrachent les cheveux à propos de leur politique intérieure, les néerlandais aussi. Ils ne savent plus où donner de la tête avec 28 partis, 1 114 candidats pour seulement 150 sièges. En tête des sondages jusqu’à il y a peu, une extrême droite xénophobe, anti-islam, et eurosceptique qui pourrait aujourd’hui remporter un siège sur 5. Son leader, Geert Wilders se veut proche de Trump et de Marine Le Pen, il veut interdire la vente du Coran et sortir de l’Europe, c’est le fameux Nexit. Dangereux pour l’unité européenne si l'un des pays fondateurs comme les Pays-Bas quittait l’Union. Ce serait alors un coup fatal porté à l’Europe.

L’extrême droite au pouvoir ?

Non car pour gouverner il faut constituer une coalition et personne ne veut pour l’instant souper avec le diable Wilders, même avec une longue cuillère. La coalition sociale libérale qui gouverne, avec à sa tête le libéral Marc Rutte, du VVD, a vécu, bien que le parti de Rutte reprenne une légère avance dans les sondages. Juste derrière vient  la droite chrétienne démocrate et un parti écologiste dont le leader issu de l’immigration, Jesse Ferras Klaver, le JFK néerlandais, pourrait surprendre. Mais on va plutôt vers un morcellement des voix et un casse- tête pour former un gouvernement de coalition.

Sortir de l’Europe, vraiment ?

Sortir de l’Europe et de l’Euro, pour des néerlandais qui vivent de commerce et d’exportation, ce serait difficile. Le pays va bien, 2% de croissance, 6% de chômage, et seulement 1, 9% de déficit, mais au prix d’une cure d’austérité qui a laissé des traces, marquée par l’explosion de la pauvreté et un débat vif sur son modèle d’intégration des immigrés. L’Europe n’est pas populaire aux Pays-Bas, mais en sortir  serait prendre de gros risques.

Quelle Europe ?

C’est un quasi néerlandais, le flamand Gerd Bourgeois qui défend l’idée d’une Union de la Mer du Nord, entre pays dont l’économie est forte. Pourtant le Benelux bien que membre fondateur, et auquel appartiennent les Pays-Bas, ils sont le NE de Benelux, n’a pas été convié à Versailles. Les pays d’Europe centrale, la Hongrie, la Pologne, la République Tchèque et la Slovaquie du groupe de Višegrad, se sentent déjà européens de seconde zone. Les Baltes ont déjà rappelé leur attachement à l’unité européenne. Et si l’Europe pèse avec ses normes, son libéralisme et son austérité, l’électeur lambda, lui, ne sait plus trop  ce qu’est l’Europe ni où elle va...