Tout euro, tout éco. L’Europe qui SE protège

 Emmanuel Macron veut une Europe qui protège. Il devrait d’ailleurs s’exprimer dans une dizaine de jours sur le sujet. 

Le président français, Emmanuel Macron, veut donc une Europe qui protège.
Il devrait s’exprimer dans une dizaine de jours sur le sujet. 
Cette semaine, c’est le président de la commission qui a tracé les grandes lignes du futur européen, dans son discours sur l’avenir de l’Union, à Strasbourg devant le parlement.

Jean-Claude Juncker a d’abord souhaité une Europe qui SE protège

Dans ce discours, qui se déroule chaque année depuis sept ans devant les parlementaires, le président de la commission a annoncé qu’il voulait renforcer le contrôle des investissements étrangers dans les secteurs stratégiques, pour assurer une concurrence loyale et équitable en Europe.

L’Europe est un peu trop ouverte au libre-échange et la commission veut donc qu’elle se protège, c’est la fin d’une certaine naïveté européenne et le holà à certaines acquisitions dans les secteurs de l’énergie, de la défense ou encore dans les lieux stratégiques comme les ports, ou dans le domaine des stratégies de défense. Les trois principales économies européennes, l’Italie, la France et l’Allemagne ont salué cette volonté de Jean-Claude Juncker.

Mieux vaut tard ….

C’est un peu tard, car l’appétit de la Chine est grand et ne date pas d’hier. Elle a déjà racheté le port du Pirée, le fabricant de pneus Pirelli ou encore le Club Med. Avec plus de 62 milliards de dollars investis en Europe sur les six premiers mois de 2016, la Chine a triplé ses investissements. Et elle a encore 4 000 milliards de dollars de réserve de change.

Son appétit pour le "made in Europe", la faiblesse de l’Euro face au Yuan et le protectionnisme américain lui ont facilité la tâche. Mais aujourd’hui Pékin serre la vis : plus d’investissements autorisés dans les clubs sportifs, l'hôtellerie, le cinéma, l'immobilier, le divertissement, et tout ce qui porterait atteinte aux intérêts et à la sécurité du pays, matériel et les technologies militaires, mais aussi jeux d'argent et pornographie. Du coup, Juncker a l’air d’arriver comme les carabiniers.          

Protéger l’économie et le citoyen

Après le Brexit, l’Europe se réveille enfin, puisque Juncker souhaite une nouvelle stratégie industrielle européenne pour une meilleure compétitivité des entreprises.
Il a même fait la leçon aux constructeurs automobiles sur le scandale du diesel. Il veut une sorte d’inspection du travail qui contrôle le travail détaché, partout en Europe, pour ne plus avoir de salariés de deuxième classe.

Emmanuel Macron aurait pu se réjouir de ce discours sur l’État de l’Union s’il n’y avait des bémols. Juncker accepte l’idée d’un super ministère de l’économie et des finances de la zone euro. Mais pas question de budget et de parlement séparé, comme le souhaitait le président français. Une idée à laquelle l’Allemagne semblait pourtant plus favorable, mais il n’est pas sûr que cette souplesse persiste à Berlin après les élections

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