Tout euro, tout éco. Le soft-power de Vladimir Poutine

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Après les élections américaines, Poutine pourrait aussi tirer les ficelles des scrutins européens, notamment en Allemagne et en France.

L’Europe pourrait bien faire les frais de la guerre de désinformation que mène la Russie. Et elle ne manque pas de moyens. On l’a vu aux Etats-Unis, ce sont carrément le FSB, les services secrets et le Gru, le renseignement militaire, mais aussi trois sociétés et deux hackers, tous tournant autour du Kremlin qui auraient été à la manœuvre contre le parti démocrate. Poutine mène cette guerre de la manipulation avec les moyens d’aujourd’hui. Fini les chars comme à Budapest en 56, l’espionnage politique comme en Allemagne avec Günther Guillaume, l’espion proche de Brandt, fini l’espionnage économique où l’on volait les plans, fini l’arme du gaz pour faire pression sur l’Ukraine, il y a mieux, moins voyant, et moins cher et ça s’appelle le net et les médias avec un concept qui ne s’appelle plus la propagande, mais la post-vérité.

L’Europe n’est pas à l’abri.

L’objectif de Poutine c’est de déstabiliser une Europe déjà en proie à tous les désarrois. Son arme : la désinformation, les  trolls sur le net et les agences qui distordent la réalité comme Sputnik, ou Russia to Day. RT France existe depuis 3 ans et a déjà 2 millions et demi de visiteurs par mois sur le net. La chaîne avec la bénédiction du CSA va devenir une vraie chaîne de télévision cette année. Ces médias très présents sur les réseaux sociaux et dont on a du mal à trouver l’adresse sont tous liés à l’agence Rossia Sivodnia, Russie d’aujourd’hui, créée par Poutine. Et ces médias russes promeuvent les anti- américains, anti-Otan et anti-UE et les droites et les partis populistes. La Russie finance d’ailleurs indirectement  le Front National en France, le Fpö en Autriche, Victor Orban en Hongrie et même le 5 étoiles en Italie, elle vise surtout l’est de l’Europe, les démocraties les plus fragiles mais aussi Merkel, la femme qui veut maintenir les sanctions contre Moscou.

Bruxelles pas vraiment audible

Le Parlement européen a pris fin novembre une résolution pour contrer ces pratiques russes pour affaiblir l’Europe. L’Union essaie désormais de mieux communiquer en rétablissant certaines vérités, notamment en France avec le site #décodeurs UE sur le site de la commission ou encore un groupe de travail à Bruxelles, mais la réponse européenne est indigente. Pourtant, en Allemagne l’affaire Lisa, le faux viol d’une adolescente russe par une réfugié, largement relayé par les médias russes, a laissé des traces, une centaine de site en République tchèque ou Slovaquie sont aussi à  l’œuvre, les Bulgares et les Lettons subissent la propagande russe sur leur sol, au point que la Lettonie prépare une chaîne de télévision en russe contre la propagande de Moscou dans ce pays où un tiers de la population est russe. Mais de son fauteuil au Kremlin, Vladimir Poutine a tout compris du soft-power, de la désinformation, de la théorie du complot et du gros mensonge, pour faire un autre genre de  guerre sans bouger un orteil.

 

 

 

 

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