Tout euro, tout éco : BCE, la fête se termine ….en douceur

La banque centrale européenne va ralentir le rythme de la planche à billets. Mario Draghi, son président l’a annoncé jeudi dernier. Cette mesure a permis à l’Europe de ne pas sombrer pendant la crise. Si on se réfère aux déclarations de Draghi, l’Europe va donc mieux, soutenir son économie n’est plus aussi nécessaire.

C’est effectivement un peu moins nécessaire aujourd’hui car la croissance est de retour. Avec une prévision de l’ordre de  2, 2 % pour cette année et un chômage de 9% en moyenne. Il y a près de 3 ans, quand le programme du Quantitative Easing a été lancé, on en était loin. La déflation menaçait et pour rembourser leur dette, les Etats empruntaient sur les marchés avec des écarts de taux énormes entre pays européens.  Bref, la machine européenne patinait, on était dans l’incapacité de décoller après des années de crise. Aujourd’hui donc, on peut souffler un peu mais pas trop. Mario Draghi, la Pythie de Francfort, l’homme qui murmure à l’oreille des marchés, l’a promis, sa politique continuera à soutenir l’économie. Pas question d’arrêter brutalement son programme et de brusquer une reprise encore fragile.

Fin de partie… en douceur

Cette mesure, le Quantitative Easing, le rachat massif, par les banques centrales, de dette souveraine des états et des grandes entreprises a permis en 3 ans d’injecter- à raison de 60 milliards par mois-quelques 2 300 milliards d’euros dans l’économie européenne. Ça revient à faire marcher la planche à billets. L’objectif de la BCE était double, faire baisser les taux d’intérêts des emprunts que souscrivent les Etats pour rembourser leur dette. Autre objectif pas encore atteint, faire remonter l’inflation juste en dessous de 2 %. Désormais à partir de janvier et pour 6 mois, ses achats de dettes seront divisés par deux pour peut-être en finir avec ce programme à la fin de l’année prochaine. Ce Quantitative Easing est aussi combiné à un maintien de la poltique des taux.                  

Des taux toujours très bas

Là, rien ne change et les marchés ne s’y sont pas trompés avec un euro en recul et des places financières à la hausse. Pour les particuliers, les taux ne remonteront donc pas car les banques continueront d’emprunter à zéro % auprès de la BCE pour nous prêter ensuite leur argent. Ces mêmes banques devront toujours payer pour placer leur fonds auprès de la Banque centrale, il est donc toujours plus intéressant pour elles de faire circuler le crédit et ça, c’est bon pour les entreprises. Et si vous êtes chef d’entreprise, un euro pas trop fort favorise les exportations. Les deux messages de Mario Draghi, appuyer sur le frein mais sans lâcher l’accélérateur, ont donc été bien reçus par les marchés.  Mais attention, la fin du Quantitative Easing approche, sans doute dans un an, alors  les taux pourraient bien remonter. La même politique a déjà été appliquée par la Fed américaine qui elle a déjà remonté ses taux d’intérêts. Mais les Etats Unis, eux, ont retrouvé la croissance bien avant nous.    

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