Tout et son contraire. Luz : "Je ne crois plus à ma place dans le dessin politique"

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Dessinateur, humoriste et caricaturiste, Luz a principalement collaboré à Charlie Hebdo. Ce lundi, il est l’invité de Philippe Vandel dans "Tout et son contraire".

Luz est un caricaturiste de presse, qui a notamment travaillé pour Charlie Hebdo. Il a signé la couverture du "numéro des survivants" après l'attentat qui a frappé le journal satirique, le 7 janvier 2015. Ce dessin, représentant le prophète Mahomet sur un fond vert, surmonté de la mention "Tout est pardonné" a fait le tour du monde. 

Depuis, Luz a quitté Charlie Hebdo et il vient de publier une bande dessinée appelée Puppy. Cet album retrace les aventures en noir et blanc d'un petit chien mort, enterré au cimetière des animaux et qui sort de sa tombe. L'histoire de ce chien zombie n'a pas été inspirée par la tuerie de Charlie, précise Luz : "Ce bouquin, je l'avais commencé avant que les morts ne nous entourent. Mais finalement, c'est peut-être devenu une allégorie", concède-t-il. "Ce petit chien qui perdait sa tête et ses membres, c'était peut-être aussi un peu moi et je ne pouvais pas le laisser derrière moi."

Malgré les attentats, toujours aucune colère

Aujourd'hui, Luz a mis fin à sa collaboration avec Charlie Hebdo. "Mon dernier combat, ça a été la couverture du numéro vert. J'aurais pu m'arrêter juste après, mais j'ai continué par solidarité avec les copains", raconte Luz. Jusqu'à ce qu'il se rende à l'évidence:  "Je ne peux plus continuer car je ne crois plus au dessin politique, ni en ma place, dans le dessin politique."

Depuis les attentats, le caricaturiste est sous protection policière en permanence. Il affirme néanmoins n'avoir "aucune colère" et déclare même "aller mieux".  

J'ai apprivoisé ma boule au ventre, comme un animal domestique

Luz

à franceinfo

Luz se remémore d'ailleurs un événement qui lui a fait du bien, quelque temps après les attentats. "La ministre de la Culture de l'époque, Fleur Pellerin, a invité les gens de Charlie pour un dîner" raconte le dessinateur, ajoutant : "On a pu boire des coups, fumer beaucoup de choses. Cette soirée, c'était n'importe quoi".




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