Lucas Belvaux : "Moi aussi, j’ai envie de renverser la table, mais avec un parti républicain"

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Le cinéaste est l'invité de Philippe Vandel dans "Tout et son contraire". 

Le dernier film de Lucas Belvaux, Chez nous, est à l’affiche depuis mercredi 22 février. Un long métrage qui a suscité une vive polémique avant même sa sortie avec les protestations du Front national qui s’est reconnu dans le scénario, qu'il juge "clairement anti-FN".

Ce film raconte l’histoire d’une jeune infirmière du Nord, interprétée par Emilie Dequenne, dans une ville qui ressemble beaucoup à Hénin-Beaumont, candidate d’un parti qui ressemble au Front national : "J’ai voulu m’interroger sur le vote FN en milieu populaire, raconte le réalisateur Lucas Belvaux. Je tournais mon film précédent dans cette région là, en période électorale pour les municipales, et à l’époque, le FN était à 30 ou 40% dans les sondages. Tous les gens avec qui on travaillait était les gens du coin étaient sympathiques, on s'entendait bien. Et je me disait qu'il y en avait trois ou quatre sur dix qui votent pour le FN. Et pourtant, ils sont sympathiques..." 

Lucas Belvaux comprend la colère populaire qui peut s’exercer contre les partis qui sont au au pouvoir et contre les promesses non tenues de certains élus. "Moi aussi, j'ai envie de renverser la table", explique Lucas Belvaux. Mais il y a des principes démocratiques "auxquels on ne peut absolument pas déroger. Or, le Front national n’est pas un parti républicain et il l’a prouvé au cours des 40 dernières années régulièrement. Donc quand on veut renverser la table et bien on renverse la table avec un parti républicain" explique-t-il .

"Savoir parler aux éléphants"

Lucas Belvaux n’est pas un réalisateur autoritaire, il est même plutôt réfractaire à toute idée d’autorité. Sur les tournages, il cherche avant tout une bonne entente entre l’équipe technique et les comédiens : "C’est l’histoire du cornac et de l'éléphant. Je ne suis pas un chef, je suis un auteur. Je demande aux gens d’aller là où je veux, mais on travaille ensemble, on s’écoute. Il faut du respect mutuel. Mais je pense que l’éléphant est plus fort que le cornac. Il fait ce qu’il veut bien faire, l’éléphant ! Il faut savoir parler aux éléphants", explique-t-il.

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Lucas Belvaux

Tout et son contraire

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