Edgard Morin : "Il faut lutter contre ces vices pour défendre les vertus"

Edgar Morin, sociologue et philosophe, ancien résistant, est l'auteur de plus d'une soixantaine d'ouvrages. Le grand public l'a découvert en 2008, quand le président Nicolas Sarkozy s'est recommandé d'un ouvrage de lui : "Politique de civilisation". Il vient de publier "Mon Paris, ma mémoire" (Fayard).

Edgar Morin a 91 ans et a toujours vécu à Paris. Dans son
dernier livre, il raconte sa vie au milieu de Paris qui se transforme. "C'était
une ville assez conviviale où il n'y avait pas ce rythme accéléré, ce stress,
les embouteillages. Je pense que Paris s'est déshumanisée mais pas totalement.
"

On ne peut pas parler de lui sans parler de son passé
exemplaire de résistant. Il raconte les filatures, les arrestations, les
tortures, les fois où il y a échappé de justesse. "Je prenais énormément
de précautions pour sauvegarder la privauté de mon appartement. A l'époque, il
y avait des portillons automatiques dans le métro et quand j'allais rentrer
chez moi j'attendais que la rame arrive en gare, que le portillon se ferme et
je me glissais le dernier dans le métro pour être sûr qu'il n'y avait personne
derrière moi.
"

En 2008, Nicolas Sarkozy se recommande d'un ouvrage de lui :
"Politique de civilisation" au moment du très controversé débat sur
l'identité nationale. A la suite de quoi, le président demande à le
rencontrer. (Les deux hommes ne se connaissaient pas). Edgar Morin accepte. Le
lendemain, Sarkozy fera ce résumé de leur rencontre : "J'ai reçu Edgar Morin,
il m'a assuré être d'accord avec les 3/4 de ma politique
".

"Le président Sarkozy a été un peu inexact. Je lui ai
dit en le quittant, je pense que dans vos discours vous êtes sincères les trois
quarts du temps, ce qui permet de ne pas être sincère le dernier quart. Et lui
il a transformé cette parole.
"

"Pour lui, c'était l'identité nationale, les valeurs traditionnelles et pour moi c'était que notre civilsation française a des vices et des vertus. Les vices tendent à s'accroître et il faut lutter contre ces vices pour défendre les vertus. "

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