Tout est politique. "Pourquoi accepte-t-on que ce soit des guetteurs qui ferment un quartier ? C'est insupportable", François Pupponi, député Nouvelle Gauche

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Les invités de "Tout est politique" ont notamment débattu mardi soir de l'insécurité dans les banlieues.

Les tirs à la Kalachnikov survenus lundi 21 mai dans le quartier de la Busserine à Marseille, sans faire de blessé, "paraissent à l'évidence relever du narcobanditisme des cités", a indiqué mardi après-midi le procureur de la République de Marseille Xavier Tarabeux lors d'une conférence de presse.

Il est revenu sur le témoignage selon lequel un homme aurait été enlevé : "Un témoin a indiqué aux enquêteurs avoir vu un individu, dont il ne connaît pas le nom, mais qui fait fonction de guetteur dans le cadre de trafics de stupéfiants, avoir été dans un premier temps été pris en chasse par le conducteur d'une des deux Méganes, avant d'avoir été rattrapé par ce véhicule et forcé de monter dans le coffre", a expliqué Xavier Tarabeux.

L'extrait 

franceinfo : Thomas Clay, est-ce que c'est le monde réel, ça ? D'un côté nous avons des plans développés par les différents politiques, les différents gouvernements... et il y a le quotidien de pas mal de quartiers, c'est à dire l'insécurité. Vous pensez que la police de sécurité du quotidien va régler ce problème ? 

Thomas Clay : Très honnêtement je ne sais pas si je suis le mieux placé pour répondre puisque nous avons des élus sur ce plateau. Mais il est vrai que ce qu'on voit là est vertigineux. On est très éloigné de ce qu'on enseigne dans les facultés de droit. Cela conduit à des drames, et c'est la vraie vie dans certains endroits.

François Pupponi : Les guetteurs, moi je l'ai vécu en tant que président de l'ANRU. J'allais à la Castellane à Marseille pour visiter, voir comment le quartier évoluait avec les financements qu'on faisait. À quatre heures de l'après-midi, il fallait que je demande l'autorisation au guetteur pour entrer. C'est le guetteur qui ouvrait la barrière. On était deux députés de la République, c'était il y a un an et demi. Les guetteurs, tout le monde sait qu'ils sont là, les habitants les voient bien. Là, ce sont des voyous qui prennent le guetteur et le mettent dans le coffre. Mais pourquoi accepte-t-on que ce soit des guetteurs qui ferment un quartier et que pour y entrer, un député de la Républque doive demander l'autorisation à un délinquant ? C'est surréaliste.

Les invités

Virginie Duby-Muller, députée LR de la 4e circonscription de la Haute-Savoie

Coralie Dubost, députée LREM de la 3e circonscription de l'Hérault

Thomas Clay, professeur de droit à l'université Panthéon-Sorbonne

François Pupponi, députée Nouvelle Gauche de la 8e circonscription du Val-d'Oise