Trop de lapsus

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Copié dans le presse-papier !

Une banque de données en ligne de... lapsus ! C’est à l’Université du Kansas que le psychologue Michael S. Vitevitch et son équipe viennent de créer cet outil en ligne qui recueille nos erreurs de langage et autres dérapages verbaux de façon à mieux les comprendre et les analyser. Chacun peut intégrer ses propres lapsus et consulter ceux des autres (en anglais). Pour ne plus fourcher. Ou presque.

 Ce matin l’autre info est aux États-Unis

Le site du journal suisse Le Temps m’a permis de découvrir une banque de données américaine qui recueille les lapsus et autres erreurs de langage…

Comment ça marche une banque de données de lapsus ?

C’est à l’Université du Kansas que le psychologue Michael S. Vitevitch et son équipe viennent de créer cet outil en ligne qui recueille nos erreurs de langage. La recherche est expliquée dans un article en anglais publié fin août dans la revue Frontiers in Psychology. La banque de données se nomme SpEDi. C’est l’acronyme de Speech Error Diary qu’on peut traduire par «Journal des erreurs d’élocution». Donc, il suffit de s’inscrire, de donner des exemples de lapsus qu’on a entendu ou dont on est l’auteur. Et surtout il est possible de télécharger ceux des autres. Mais ne vous précipitez pas si vous n’êtes pas anglophone, il n’y a rien en Français.

Mais ça sert à quelque chose ?

Déjà c’est drôle mais surtout l’hypothèse scientifique qui sous tend ce travail c’est que le lapsus ne révèle pas seulement des désirs cachés mais aussi les structures du langage. En analysant nos dérapages les psycholinguistes peuvent mieux comprendre comment le système du langage se construit. Et puis comme selon les estimations en vigueur, il y a de 4 à 8 lapsus tous les 1000 mots chez les enfants, mais un seul chez les adultes, une banque de données nourrie par le public est un vrai plus. Alors il y a trois catégories de lapsus « quand on essaye de PENSER à un mot sans parvenir à s’en souvenir», «Quelque chose qui est DIT de manière erronée» et «Quelque chose qui est ENTENDU de manière erronée». Forcément, qui dit lapsus dit politique. Les femmes et les hommes politiques qui parlent beaucoup beaucoup trop sont les rois du lapsus. François Bayrou nous l’a prouvé la semaine dernière ici même en proposant des zones protégées pour les républicains plutôt que pour les réfugiés. À La Baule, le président des Républicains Nicolas Sarkozy a lancé il y a quelques jours «la France, de toute éternité, a toujours été du côté des opprimés et toujours été du côté des dictateurs». On se souvient aussi de Rachida Dati confondant fellation et inflation ou de Brice Hortefeux, évoquant un «fichier des empreintes génitales». Alors j’ai cherché pour vous Bruno Le Maire et je n’ai pas trouvé le moindre dérapage. Vous me confirmez que pour le moment, en public, vous avez évité le mur ? Mais si vous voulez gagner la primaire des républicains n’allez vous pas devoir vous lâcher, vous déboutonner enfin monsieur Le Maire ? Au risque du lapsus…

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