Tout à zéro euro !

Un magasin où tout sera gratuit va ouvrir à Nilvange en Moselle. Zéro euro pour tout, juste des objets à prendre ou à donner. Bien sûr le projet est transgressif dans un monde où le marché tout puissant impose la concurrence partout. C'est en cela qu'il est intéressant, provocant et surtout innovant. Il faudra observer les réactions de ceux qui viendront tant on a perdu l'habitude de la gratuité.

L’autre info est en Moselle ce matin

Le Républicain Lorrain m’a conduit à Nilvange dans un magasin qui va bientôt ouvrir et dans lequel les objets n'ont pas de prix, car ils sont tous gratuits. Le magasin devrait être rempli de divers objets. A l'origine de l'initiative : l’association Berceau du Fer.

Comment fonctionne un magasin où tout est gratuit ?

Alors que le marché n’a jamais été aussi sauvage, que la concurrence fait rage, il est rassurant de voir qu’il reste en ce bas monde des gens pour qui le partage n’est pas une utopie. Leur projet est expérimental. Le but du jeu est de provoquer, d’intriguer et d’entraîner l’échange. La boutique ouvrira dans un garage sous la mairie, évidemment gracieusement mis à disposition par la ville de Nilvange. L’inauguration est prévue le 3 juillet. Mais attention, ce n’est pas du troc, ce n’est pas non plus un SEL, un service d’échanges local. Le concept : tu peux prendre sans donner, ou bien donner sans prendre. Tous les objets sont donc les bienvenus dans la boutique même s’il ne faut pas que les donateurs confondent le magasin avec une déchetterie. Il n’y aura pas de  vêtements. Alors si la gratuité est dans les esprits, c’est aussi sans doute un des effets de la crise dont pour ma part j’ai l’impression d’entendre parler depuis que je suis adolescent. Alors forcément, ce genre d’expérience provoquera des réactions contrastées. Entrer dans une boutique et prendre ce qu’on veut sans payer, ce n’est pas un acte naturel, pas encore en tous cas. Il y aura toujours un ou deux  margoulins qui tenteront d’en profiter pour aller tout revendre dans un vide grenier. Mais c’est la vie. En tous cas, pour faire tourner la boutique, le café et les gâteaux proposés aux "free shoppers " à prix libre devraient suffire. Dans "Le métier de vivre",  l’écrivain italien Cesare Pavese écrit " Les choses gratuites sont celles qui coûtent le plus. Comment cela ? Elles coûtent l'effort de comprendre qu'elles sont gratuites" .

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