Le vendredi, c'est coups de fouet !

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Copié dans le presse-papier !

Raif Badawi est un blogueur saoudien. Il a créé un site Free Saudi Liberals. Il a notamment été condamné par le tribunal de Djedda à dix ans de prison et 1000 coups de fouet. C’est chaque vendredi que Raif Badawi reçoit ces coups de fouets. Ils ont été répartis en vingt séances de cinquante coups de fouets, en public, après la prière, devant la mosquée al-Jafali à Djedda. Nous sommes vendredi…

Ce matin l’autre info est en Arabie Saoudite…

Je veux parler de Raif Badawi. Raif Badawi est un blogueur saoudien. Clarence Rodriguez, notre correspondante en Arabie Saoudite, a parlé de lui sur France Info en début de semaine. Raif Badawi a été condamné le 7 mai 2014 par le tribunal de Djedda à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet, le tout étant assortis d’une interdiction de voyager pendant 10 ans. Il lui est également interdit d’utiliser les médias et les réseaux sociaux et il devra s’acquitter d’une amende d’un million de riyals saoudiens, environ 226 000 euros. C’est chaque vendredi que Raif Badawi reçoit ces coups de fouets. Ils ont été répartis en vingt séances de 50 coups de fouets, en public, après la prière, devant la mosquée al-Jafali à Djedda. Nous sommes vendredi…

Pourquoi a-t-il été condamné ?

Raif Badawi avait créé un site « Free Saudi Liberals « « Libérez les libéraux saoudiens », un site dédié au débat. En agissant ainsi pour les autorités saoudiennes, Raif Badawi a insulté l’islam et il était même accusé d’apostasie, infraction passible de la peine de mort en Arabie saoudite. Le châtiment, les coups de fouet, a commencé vendredi dernier. Selon le site de la RTBF, sa femme explique qu’il a serré les dents. Mais sa santé est fragile et son épouse craint qu’il ne survive pas longtemps. La sentence est d’autant plus insupportable que, le week-end dernier, devinez qui est venu à Paris ?

Dites nous…

Le numéro deux de la diplomatie saoudienne, Nizar al-Madani, ministre d'Etat aux affaires étrangère était à Paris pour dire la solidarité du royaume saoudien avec la France suite aux attentats terroristes qui ont fait 17 victimes. Autant vous dire que parmi d’autres présences hypocrites ou déplacées, je pense notamment à la venue d’Ali Bongo,  le président gabonais, celle de Nizar al Madani passe mal. Il est quand même paradoxal que l’Arabie saoudite bombarde l’Etat Islamiste et, en même temps, condamne un réformateur comme Raif Badaoui. Une Arabie saoudite qui se veut à la fois l’alliée des Occidentaux dans le monde arabe mais qui, sur son territoire, réprime la moindre dissidence libérale. Alors, sur cette hypocrisie, je conseille une tribune du chroniqueur algérien Mustapha Hammouche, publiée dans le journal Liberté, et reprise par Courrier International. Chronique intitulée « Je suis Raif Badawi ». Il y pose une très bonne question : « Pourquoi y aurait-il une différence entre un crime commis contre des citoyens que la république défend et un autre commis contre des sujets otages de leurs despotes ? ». Vous avez une réponse, vous, Christian Estrosi parce que moi, je vous avoue que je ne vois pas… Du tout.