L'intolérance tue l'art

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Quand un artiste de rue, vrai provocateur, se fait agresser par quatre personnes à cause de l'une de ses œuvres qui plaide pour la coexistence pacifique entre les religions, on peut s'interroger sur le fameux "Esprit du 11 janvier". Combo Cultur Kidnapper n'a pourtant pas l'intention de renoncer, mais son exemple doit nous questionner sur ceux qui refusent la liberté d'expression aux artistes.

Ce matin l’autre info est à Paris

Je veux vous parler ce matin d’un artiste de rue nommé Combo Cultur Kidnapper.  Il a 28 ans et il est né à Amiens d’un père chrétien libanais et d’une mère musulmane marocaine. Ses ennuis récents évoqués par plusieurs médias montrent qu’il ne faut pas s’emballer avec l’ "esprit du 11 janvier" qui règnerait en France depuis les attaques terroristes ayant causé 17 morts.

Quels ennuis a eu Combo ?

Il l’explique sur sa page Facebook.  Samedi dernier il a été agressé à cause de son art ou plutôt pour son art, près de la porte Dorée à Paris, alors qu’il collait une œuvre sur un mur.

Que représentait cette oeuvre ?

Un croissant musulman pour le C, une étoile de David pour le X, une croix chrétienne pour le T. Le tout formant les lettres du mot "COEXIST", à côté de son autoportrait barbu et en djellabah. Un groupe de 4 hommes qui l’a vu coller l’a interpelé. Combo écrit sur Facebook  "ils n'aiment vraisemblablement pas mon travail et m’ont sommé de l'effacer en m’insultant ". Il refuse. Ils le frappent : "un par un, deux par deux, tous en même temps ". Ils le laissent en sang et partent en lui promettant le même traitement s’il recommençait et en lui conseillant de se raser la barbe. Combo a l’épaule démise, des bleus, huit jours d’incapacité totale de travail. Mais il ne lâche rien et peu lui importe d’où viennent ses agresseurs, leur couleur de peau, leur religion ou leurs idées politiques, si on peut parler d’idées les concernant. Et Combo conclue : "Demain je retournerai coller, après demain et le jour d'après aussi. Nos idéaux valent plus que leurs idées basses ". J’ajoute que Combo n’a pas attendu les attentats pour déranger, provoque. En avril 2012, il est entré dans la zone interdite de Tchernobyl pour y coller des publicités vantant les mérites de l’énergie nucléaire. En janvier 2013, il affichait dans les rues de Hong Kong des pages Google censurées par l'État Chinois. Et il n’a pas hésité à coller le slogan "Moins de Hamas, plus de Houmous" sur les murs de Beyrouth. Alors madame Pellerin, votre plus illustre prédécesseur au ministère de la Culture, André Malraux est l’auteur d’une phrase impérissable dans son livre "Psychologie de l’Art, La Création artistique" publié en 1948 "L'art, c'est le plus court chemin de l'homme à l’homme". C’est beau, c’est du Malraux... Mais c’est théorique. Madame la ministre, aviez vous connaissance de l’agression de Combo et l’assurez vous de votre soutien et de celui du gouvernement ?

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