Des censures et des hommes

Des parents d'élèves américains qui cherchent à faire interdire le livre culte du Nobel de littérature, John Steinbeck, publié en 1937, c'est dans l'Idaho... Heureusement, la commission de l'école a refusé par quatre voix contre une, mais ce n'est pas la première fois qu'une telle démarche est entreprise ; que certains tentent d'étouffer un chef d'œuvre de la littérature pour des raisons ineptes.

Ce matin, l’autre info est aux État-Unis


De nombreux sites américains et canadiens repris et traduits par le site pieuvre.ca racontent comment l’extraordinaire livre de John Steinbeck, "Des souris et des hommes ", publié en 1937 (John Steinbeck, le Nobel de littérature en 1962, l’auteur des "Raisins de la Colère "…) comment "Des souris et des hommes " a failli être censuré dans des classes de la ville de Coeur d’Alene en Idaho.

Pour quelle raison ?

Alors il faut savoir que ce n’est pas la première fois que le livre de Steinbeck a des ennuis dans des écoles ou des bibliothèques américaines. Là, ce sont des parents d’élèves qui voulaient que le roman soit restreint à des discussions volontaires en petits groupes mais pas davantage… Pour une certaine Mary Jo Finney, adepte de la censure, ce n’est ni une histoire de qualité, ni un bon livre. Madame Finney s’opposait donc aux - je cite - "aspects les plus vulgaires du roman ". Elle vise l’emploi des mots "bastard", "bâtard"  et "God damn", "nom de Dieu". Elle estime plus globalement que le livre qui se déroule en Californie pendant la Grande Dépression est trop négatif, trop sombre.

Ce n’est pas tout, il y aussi l’emploi de ce que l’on nomme le "N word" aux Etats-Unis, le mot "nigger", pour "nègre"… Ce à quoi une prof d’anglais a intelligemment répondu que l’utilisation du mot "nègre" "dans la vie de tous les jours par des élèves blancs était bien plus destructrice que son exposition contrôlée suivie d’une conversation intellectuelle dans l’environnement sain d’une salle de classe ". La prof a ajouté que "Des souris et des hommes " est un outil d'enseignement important puisqu’elle s’en sert justement pour expliquer pourquoi des insultes raciales ou de termes péjoratifs à l’égard des femmes sont inacceptables.

Rassurez-nous le livre n’a pas été interdit ?

Madame Finney, qui voulait l’interdiction, s’est adressée à la commission avant le vote en expliquant qu’elle proposerait que les parents retirent leurs enfants du district scolaire ou, mieux, qu’ils ne les y inscrivent jamais s’il n’était pas retiré. Malgré cela et fort heureusement la commission scolaire a décidé par quatre voix contre une de conserver le livre dans le cadre du programme même si les parents ont la possibilité de demander à ce que leur enfant choisisse un autre bouquin.

Jean-Vincent Placé, quand vous serez ENFIN ministre, d’ici quelques semaines, vous ne voulez pas proposer au gouvernement Valls 3 de mener une initiative internationale pour protéger définitivement les grandes oeuvres littéraires des censeurs ?

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