Comme d'habitude...

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Copié dans le presse-papier !

Quand un restaurateur arrose un SDF installé devant son restaurant, en 2015, il y a de fortes chances qu'un témoin rapporte la scène sur les réseaux sociaux. C'est ce qui est arrivé à Vancouver. La suite est classique. Colère des internautes. Appel au boycott. Excuses de la direction. On connaît la chanson. Et après ? La question de notre rapport à la pauvreté reste entière, criante. Désespérante.

Ce matin l’autre info est au Canada

Les médias canadiens sont nombreux à raconter la faute commise par un employé d’une chaîne de restaurants nommés Tim Hortons à Vancouver, les Tim Hortons qui appartiennent à  Burger King depuis le mois d’août…

Qu’a t-il fait ?

L’histoire se déroule vendredi. Peggy Morrison qui travaille dans un commerce situé en face du restaurant raconte qu’elle voit un homme en sortir et verser un seau d'eau vers un SDF (les médias canadiens disent un 'itinérant') endormi près de l’entrée. L’homme, sa couverture et son chien sont trempés. Il se lève en hurlant et se déplace. L’employé continue et renverse de l’eau sur un deuxième SDF…

Que s’est-il passé ensuite ?

L’histoire ne s’arrête pas là. Une collègue de Peggy Morrison lance un appel au boycott du restaurant sur les réseaux sociaux et notamment sur Twitter. Le genre de mauvaise publicité qui provoque presque toujours des réactions en chaîne sur les  réseaux sociaux.

Et la chaîne de restaurant a réagi ?

Tim Hortons a qualifié l'acte de regrettable précisant qu’il "ne reflétait pas la marque et les valeurs des propriétaires des magasins". Puis la direction de Tim Hortons a affirmé que le propriétaire, un franchisé, avait agi sous le coup de la "frustration". La chaine a enfin précisé qu’il allait personnellement s'excuser auprès du SDF et faire un don à un organisme pour sans-abris de Vancouver.

Tout est bien qui finit bien donc…

Pas vraiment… On connaît la chanson quand survient une histoire de ce genre, désormais, où que ce soit dans le monde. D’abord les faits scandaleux racontés ou filmés par un témoin chauffent le Web à blanc. Les internautes s’indignent. Les médias prennent la suite. Et les coupables finissent toujours par s’excuser. Et puis, ça recommence ailleurs. Et puis encore ailleurs. Et ainsi de suite. Des histoires de pauvreté - qu’elles arrivent à Vancouver ou à Paris - qui posent la question de nos comportements individuels et collectifs face aux sans abris qui couchent devant nos portes...

Tous les matins, vers 6h, quand j’arrive à France Info, je passe devant deux SDF qui essaient de dormir sur une bouche de métro sous un carton, à 100 mètres de ce studio, avenue de Versailles, en plein XVIème arrondissement de Paris. Je suis habitué. Tout le monde s’habitue. Jusqu’au jour on un riverain de l’avenue de Versailles pètera les plombs comme le restaurateur de Vancouver. Jean-Pierre Raffarin vous avez été Premier ministre de Jacques Chirac  qui s’était fait élire en 1995, au siècle dernier, en expliquant qu’il allait "réduire la fracture sociale". Monsieur Jospin avait promis zéro SDF en 2007, lors de la campagne de 2002. Nicolas Sarkozy avait promis zéro SDF, en 2006. Comment voulez vous qu’on y croit encore. Qu'on vous croit encore... Que l'on vive à Vancouver ou à Paris ?

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