Si j'étais... Manuel Valls

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Copié dans le presse-papier !

Karl Zéro s'est imaginé dans la peau de Manuel, ancien Premier ministre et candidat à la primaire de la gauche, qui a annoncé qu'il voterait Emmanuel Macron dès le premier tour de la présidentielle.

Si j’étais Manuel Valls, j’aurais annoncé mercredi 29 mars ma "prise de position responsable" : je rejoins Emmanuel Macron. Dès le premier tour. Et en échange, je ne lui demande rien. D’autant que mon petit doigt me dit qu’il ne sera pas en mesure de me donner grand-chose. 

Une fois passé la stupeur provoquée par mon annonce, j’ai subi le feu nourri de tout ce que la Socialie compte de losers et d’aigris, jusqu’à Mme Aubry, ressortie du formol pour l’occasion… Et que t’as renié ton engagement solennel de notre si Belle Alliance populaire ! Et que t’avais juré de soutenir celui qui en sortirait vainqueur, en l’occurrence l’intolérable crypto-marxiste Benoît Hamon ! Et que t’es un ignoble parjure, un homme sans honneur !  Un traître qui fait honte à la gauche, le fossoyeur du PS, l’assassin d’Hamon ! Un menteur prêt à tout pour conserver minablement un peu de pouvoir !

Mais bien sûr, le cabinet noir existe !

Tout ça, vous l’avez entendu, et moi… je l’ai enduré. Mais le jeu en valait la chandelle ! Je m’explique : Fillon vous a alerté sur l’existence d’un "cabinet noir" auquel il impute l’implacable planning de révélations qui ont conduit à sa descente aux enfers des sondages. Au gré d’infos sciemment distillées pour détruire son image d’honnête homme, grâce à laquelle il avait remporté la primaire de la droite. Enfin, c’est ce qu’il dit… Il se trouve que c’est parfaitement juste.

Fillon dit vrai. Il existe bel et bien, ce cabinet noir, sauf qu’il n’est pas dirigé, comme le croit Fillon, par François Hollande… Loin de là. Je peux vous le dire parce que si j’étais Manuel Valls, ce serait moi, le cabinet noir. 

Le cabinet noir ne pouvait laisser passer ça

François Hollande lui-même a été la première victime du cabinet noir. Souvenez-vous… C’était début décembre. Qui l’a poussé à ne pas se représenter à la présidentielle ? Qui lui a expliqué qu’il n’avait aucune chance ? Moi. Et il a cédé. Exit le Gros. Là- dessus, contre toute attente, notamment la mienne, Hamon gagne la primaire à gauche… ce qui ouvre un boulevard à Macron. Le cabinet noir ne pouvait pas laisser faire ça.

Si j’étais Manuel Valls, j’aurais fait coup double en rejoignant Emmanuel Macron : je mets un coup d’arrêt définitif à la candidature moribonde d’Hamon, et surtout, surtout, je plombe gravement celle de Macron.

Vous allez voir, il va vite boire la tasse dans les sondages, le bellâtre… Ma présence à ses côtés, après Le Drian, et en attendant Le Fol et Sapin qui ne vont pas tarder, démontre à chacun que Macron, en fait d’homme neuf, c’est rien, c’est un Playmobil, c’est juste le pauvre successeur d’Hollande.

Le cabinet noir parie sur Fillon

Le cabinet noir ne veut pas de Macron comme président, pas plus qu’il ne voulait d’un maintien d’Hollande. Le cabinet noir veut Manuel Valls à l’Elysée. Pour 2017 c’est mort, mais pour y parvenir en 2022, pas question de laisser Macron gagner. De l’Elysée, il m’empêcherait de toute possibilité de retour.

Donc, si j’étais Manuel Valls, j’aurais choisi… Fillon. Avec ses conneries de réformes, il va mettre tout le monde dans la rue. Le cabinet noir lui enverra du monde. Pour incarner l’alternance, il faudra alors un chef de l’opposition aux mâchoires serrées, sanglé dans son costume The Kooples. Ce sera moi, Manuel Valls. What else? Vous aurez Fillon dans un mois, et moi après.