Si j'étais... Manuel Valls

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Le Premier ministre est rentré dans le rang et exclut de démissionner après avoir dit dans une interview, dimanche, qu'il n'excluait pas de se présenter à la primaire de la gauche. Karl Zéro s'est imaginé dans la peau de Manuel Valls.

Si j’étais Manuel Valls, après un week-end ma foi un peu agité, tout serait rentré dans l’ordre. Il y a eu bien sur le triomphe du "Nosferatu de la Sarthe", le médiéviste libéral-réactionnaire Fillon, ainsi que le mien - plus modeste - dans Le Journal du Dimanche, où j’ai tenté mon va-tout, frôlant la crise de régime. Mais, lundi 28 novembre, nous avons déjeuné avec le président Hollande, dans une pure ambiance de chiottes "Tout à fait cordiale et studieuse".  Nous nous sommes expliqués franchement, et François a été très clair : il ne veut pas d’une crise de régime, il tiendra le sien jusqu’au premier tour, afin de se présenter aux français amaigri de 30 kilos, retrouvant pour l’occasion sa silhouette de gladiateur sexy, celle de 2012 !

Il n’a ailleurs fait que picorer que de la salade, entre les escargots au vieux-marc et l’omelette norvégienne. Il mastiquait, et je lui dis, pas certain d’avoir compris : "Jusqu’au premier tour ?"  Le premier tour de la Primaire, François ? Et il explose… d’un rire sardonique !

Ambiance très tendue

Si j’étais Manuel Valls, après deux heures d’agapes entrecoupées de noms d’oiseaux, j’aurais fini par saisir la pensée reptilienne du président, de plus en plus mitterrandienne. Il suinte le Machiavel dans le texte : je vous résume, accrochez-vous :

- Oui, il va se présenter… dans quelques jours !

- Mais non, il n’ira pas aux primaires… Ca n’est pas de son niveau, il est président quand même, il va pas s’abaisser à aller débattre avec un histrion comme Hamon.

- Et oui : moi, j’irai aux primaires…débattre avec tous les castristes du PS.

- Et là, François m’a dit : que le meilleur gagne !

Ce qui veut dire, dans son esprit torturé : Manuel, si tu arrives en tête de la primaire de notre si belle alliance populaire, je me désisterais en ta faveur. Bien entendu, François mentant comme un arracheur de sans-dents, combien même je ferai un score à la Fillon, il ira jusqu’au bout, il dira qu’il a la stature et pas moi, que je dois le soutenir et je me serai fait bien niqué ma mère et ma race. Mais j’ai l’habitude, avec lui.

Bref, j’avais pas trop le choix. J’ai accepté. C’était ça, où il mettait le dandy des croque-morts Cazeneuve à Matignon, direct, en sortant de table. Et là, moi, je vous fiche mon billet que je me retrouvais en cellule au commissariat d’Evry avant la tombée du jour, pour n’importe quoi. Ils auraient trouvés une broutille, je leur fais confiance, défaut de port de ceinture, miction sur la voie publique, consommation de cannabis. Ou les trois !

Claude Bartolone a parlé 

Si j’étais Manuel Valls, on aurait donc décidé avec François de ne surtout rien changer : "J’ai le sens de l’Etat, je suis le chef du gouvernement", et comme de terribles dangers nous menacent -si terribles que je finis par croire qu’il compte drôlement dessus pour remonter la pente- je ne bougerai pas. Le président préside, je l’agace, les chiens aboient, la caravane passe.

Les sanglots longs des violons de l’automne ont donné des idées à Bartolone qui m’a conseillé d’exploser pépère lors de la primaire. Mais comme il n’ira pas, les carottes sont cuites, Causette reste chez le père Thénardier, je répète: Causette reste chez le père Thénardier. Oui, je parle couramment le Résistant désormais. J’ai pris le maquis dans ma tête. Je ne m’exprimerai plus qu’en langage crypté, car l’ennemi est partout, nous sommes encerclés de partout, et pourris de l’intérieur !

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