Si j'étais... Hillary Clinton

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Copié dans le presse-papier !

Karl Zéro s'est imaginé dans la peau de la candidate malheureuse à l'élection présidentielle américaine, battue par Donald Trump.

Si j’étais Hillary Rodham Clinton, j’aurais le moral dans les chaussettes. A peine élu, voilà que Trump ne tarit plus d’éloges sur Bill et moi. Bill est "talentueux", moi je suis "charmante"... A tel point que ce malade mental peroxydé envisage même de nous faire travailler à ses côtés ! C’est le pompon, ça !

Alors, pour me changer les idées, Bill m’a proposé qu’on aille promener les chiens dans le bois de Chappaqua, à côté de New York. Et là, incroyable ! On est tombés sur une supportrice ! Dans le bois ! Margot Gerster, c’est son nom, ayant le "cœur brisé" à cause de ma défaite, avait décidé d’aller prendre l’air, avec sa fille, dans la même forêt. Elle m’a prise dans ses bras, et Bill a fait une photo de nous, que Margot a posté sur Twitter. Franc succès.

Sauf que trois jours avant, Margot avait déjà publié une photo sur laquelle on figurait déjà ensemble, un vieux cliché pris quand elle était au lycée… Du coup, évidemment, les médias hurlent à l’opération de com, à la fable romantico-montée de toutes pièces !

Pourtant, je vous jure, cette rencontre, c’était le hasard… Je crois que tout mon problème est là : quoique je fasse, tout semble toujours préparé, mis en scène, cousu de fil blanc. Même quand c’est vrai… Alors autant arrêter.

On ne me croit qu'à 47%

Si j’étais Hillary Rodham Clinton, personne ne nierait que j’avais toutes les qualités pour être la première femme présidente des Etats-Unis : je suis solide, compétente, experte, et surtout très forte, vu le nombre de couleuvres que j’ai du avaler. Mais l’envers de ma médaille a fait peur… Je suis froide, secrète, calculatrice, et ça, ça ne fait pas rêver.

C’est pour cela qu’Obama m’avait écrasé en 2008, parce que lui, Barack, il sait faire rêver. Sanders, pareil, il n’était pas métallique Tout vieux fou qu’il est, on a envie de croire en lui… Moi, même quand je suis passionnée, que j’ai du souffle, ça ne prend jamais qu’à moitié.

Ça prend à 47%… La proportion de femmes qui ont votés pour moi. 53% d’entre elles ont préférés un guignol libidineux ! Le "réussissor-man", le winner américain type… Parce qu’il les fait rire, et qu’il est riche, sans doute, ça les rassure… Si ces Américaines-là se complaisent dans leur rôle de boniches souriantes et permanentées, qu’y puis-je ?

La Lune, inaccessible

Moi, je voulais les aider à faire exploser le plafond de verre : celui qui nous empêche d’accéder aux même fonctions que les hommes. C’est pour ça, pour le symbole, que pour fêter ma victoire annoncée on avait loué le centre de conférence Jacob K. Javits, à cause de son grand plafond de verre… Il est toujours en place.

Si j’étais Hillary Rodham Clinton, je vous raconterais que quand j’avais 14 ans, Kennedy venait de lancer la conquête de la Lune. Ça me faisait rêver, alors j’ai écrit une lettre à la Nasa pour leur dire que je voulais être astronaute. Ils m’ont répondu : “Nous n’acceptons pas les filles."

Edifiant, au pays de la liberté. D’autant plus quand on sait qu’au même âge, 14 ans, Poutine écrivait de son côté au KGB pour leur dire qu’il voulait intégrer les "services". Ils lui ont répondu : "Commence par faire des études de droits, ou l’armée." Et dix ans après, il était membre du KGB…

Ah, les services secrets ! Qu’ à peine élu,Trump a remercié chaudement, dès son premier discours de Président… Ça n’a jamais été mon truc. C’est surement mon erreur principale d’ailleurs, car si j’avais été plus proche d’un James Comey, le patron du FBI, le Bureau n’aurait jamais décidé de relancer l’enquête sur mes e-mails, avant de faire machine arrière quatre jours après… Pour faire grosse manip, arrêter l’enquête y'a pas mieux !

Bon, excusez moi, je n’ai pas trop le cœur à rire, de toutes façons je suis moins marrante que Donald… Alors je vais aller me promener dans les bois.

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