Si j'étais... François Hollande

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François Hollande s'est rendu mardi 14 février à Aubervilliers, en banlieue parisienne. Il a tenté de calmer la tension qui règne depuis l'affaire Théo à Aulnay-sous-Bois. Karl Zéro s'est mis dans la peau du président de la République.

Si j’étais François Hollande, mardi 14 février, je me serais rendu en visite officielle en banlieue. Moi, plus Président dans deux mois, résultat plus aucune grande puissance ne m’invite. Alors forcément je vais moins loin. Là, c’était à Aubervilliers, à 13 kilomètres de l’Elysée. 15 minutes chrono avec les gyrophares, je suis arrivé en bonne forme. Ce qui m’a frappé, c’est que la banlieue, quand même, ça a beaucoup changé depuis mon enfance. Pour vous dire, je n’ai rien reconnu du tout. Où sont-ils les pavillons en meulières avec leurs petits jardins proprets peuplés de nains rieurs ? Et les sympathiques prolos en marcel avec leurs bérets, qui jouait au PMU et votaient Georges Marchais ? Disparus ! Bref, j’arrive, je ne me situe pas trop, que déjà une femme me crie dessus : "Police, violeurs, assassins !".

Bon, c’est en gros le message que j’avais confié à Théo, le jeune maltraité par des policiers, lorsque je suis allé lui rendre visite sur son lit d’hôpital. Mais c’était entre quatre yeux, alors que mardi matin il y avait les médias, je ne pouvais pas répondre :  "Oui, Madame, vous avez parfaitement raison !" Alors j’ai fait sobre, j’ai dit : "Il faut que la justice passe."  C’est vague mais j’ai trouvé que ça englobait bien le tout : justice pour Théo et cabane pour les 245 jeunes qui ont été interpellés ces derniers jours en train de caillasser des véhicules auxquels ils avaient mis le feu, après avoir abusé de jeux vidéos violents.

Pourtant, on a fait des travaux !

Si j’étais François Hollande, en conscience, je me poserais la question : ai-je fait tout ce qui était en mon pouvoir pour que ceux qui vivent en banlieue y survivent ? Ces personnes qui bien souvent ont voté pour "Le changement" qui était  "maintenant" ? La réponse est oui, bien sur ! On n’a pas lésiné sur les milliards… Ça, on en a fait repeindre des cages d’escaliers ! Vert jade, framboise écrasée, des couleurs qui vous redonnent une de ces pêches ! On en a fait réparer, des ascenseurs ! Et planter, des peupliers chétifs. Ils n’ont pas grandi certes, faute de soleil, mais depuis que je suis là il pleut tout le temps. On a désigné 1 436 quartiers en France comme  "prioritaires" – souvenez-vous, encore un de mes chocs, le choc de priorité ! – en omettant, c’est vrai, de préciser en quoi ils étaient prioritaires.

Du coup, on a certainement été mal compris, le choc a été trop rude car l’info n’est pas redescendue jusqu’aux services concernés et le résultat n’a pas été à la hauteur de mes espérances. Le taux de chômage y est de 27 % contre 10 % ailleurs et 42 % des habitants y vivent sous le seuil de pauvreté. Mais pas tous, rassurez-vous !

Du travail avec l'étranger à gogo

En banlieue, il y a aussi des gens très heureux et plus qu’aisés ! Mardi, on m’a présenté un jeune qui a formidablement réussi dans l’import-export, avec le Maroc d’abord et qui travaille maintenant à l’international avec le Mexique et l’Afghanistan ! Il a aussi un garage de location de grosses cylindrées et croyez moi, la clientèle s’y bouscule, ça ne désemplit pas. Bref, du business en banlieue, il y en a, il pourrait même y en avoir plus que partout ailleurs mais pour une raison qui m’échappe, là-bas, le courant passe mal entre forces de l’ordre et citoyens. Jalousie ? Relents de racisme ? Allergies à l’uniforme ? Clairement, quelque chose nous échappe. Mais quoi? J’ai aussitôt demandé au Premier ministre de diligenter une mission afin de comprendre. Et en attendant, je leur ai dit : "Il est très important de montrer que nous sommes capables de vivre ensemble dans une société apaisée." Ils m’ont tous dit : "D’accord" et je suis rentré à la maison, pleinement rassuré.

Et mardi soir, c’est décourageant, mais les jeunes ont remis ça. J’ai aussitôt demandé à la ministre de la Culture de trouver une activité ludique à ces jeunes désoeuvrés. Et bien dès ce soir Patrick Sébastien sera à Aulnay-sous-Bois pour une reprise en live du Grand Burlesque.

 

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