Si j'étais... Ségolène Royal

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Copié dans le presse-papier !

Karl Zéro s'est imaginé dans la peau de Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer.

Si j’étais Ségolène Royal, je serais folle de douleuritude mêlée de coléreusité. Ce matin, Fabrice, mon postier affilié Sud PTT m’a déposé mon Femme Actuelle, auquel François m’avait abonnée en 1981 dans le secret espoir que je renonce à la politique pour lui laisser champ libre… Mon Femme Actuelle que j’attends depuis avec impatience, chaque semaine, notamment pour sa rubrique un peu olé-olé "Les sex-périences de Cerise". Et là, page 32, oh ! ai-je la berlue? La berlutude ? Non, je me pince, page 32, je ne rêve pas, il y a une interview d’Emmanuel Macron, mon joli chouchou tout mignon, avec sa petite mèche sage qu’on sent frisottante sous le gel…

Evidemment, depuis que mon Manu en sucre a annoncé (mercredi à l’occasion de la journée de la Femme) qu’il s’apprêtait à désigner une femme à Matignon, je guettais… Pas Femme Actuelle, mais un joli coup de fil de sa part, ou un petit mot plié en quatre, une invite au restau, pourquoi pas aux chandelles, pour en parler… Pas aux Chandelles, le club échangiste, un repas avec des chandelles sur la table, enfin… ou je ne la tienne pas, pour une fois.

Marisol ? Elle rêve !

Marisol Touraine, cette peste, guettait aussi, je le sens, je le sais, entre femmes on a le chic pour l’intuition, et l’intuition du ce qui est chic aussi… bref, Marisol, elle n'a vraiment pas froid aux yeux, cette antiquité ! Elle rêve des genoux, et peut-être même d’ailleurs mais… aucune chance ! Manu-Manu-reva ne lui a même jamais adressé la parole en deux ans à Bercy ! Pour me décourager, cette hyène déplumée m’a mise en garde. "Macron ? Mais ma pauvre fille, tu rêves ! C’est un illusionniste, un hypnotiseur, c’est Messmer, pas l’ancien premier ministre de Pompidou, le Canadien avec des gros yeux de fou qui a tué la carrière de Dominique Webb en l’endormant ! Macron, ça aurait été la journée de la misère, il aurait promis un sans-dent à Matignon ! Et si ça avait été la journée nationale des enfants disparus, il aurait promis le poste à Dutroux ! Tu es d’une naïveté crasse, ma pauvre fille !"

"Vieille, usée, fatiguée" ? Moi ?

Si j’étais Ségolène Royal, confortablement calée dans mon fauteuil Damart, celui qui peut s’allonger en cas de jambes lourdes, j’aurais chaussé mes lunettes de presbyte pour admirer de près la photo de Macron. Oh ! Ce pantalon lui va très bien ! Et quel sourire ! Quelles dents ! Il a énormément de dents ! Au moins 48, c’est bizarre… Pour une fois en plus il n’y avait pas Mireille Darc à côté de lui, son épouse, là ! Je ne sais plus son nom, celle qui gâche toujours les photos d’Emmanuel. Enfin c’est mon avis. Mais là, Fabienne, mon cœur s’arrête. Il parle de moi. Mon nom se détache du texte! Je lis son interview: "J'ai beaucoup de respect pour Ségolène Royal mais elle n'a pas vocation à avoir des responsabilités dans un gouvernement qui serait le mien."

Comment ça ? Et pourquoi, monsieur l’ingrat ? "Nommer cette responsable politique qui est dans le paysage depuis plusieurs années reviendrait à trahir ma promesse de faire monter de nouveaux talents."

Saloperie ! Goujat ! Sexiste ! Dis tout de suite que je suis trop "vieille, usée, fatiguée" comme disait Jospin de Chirac. Et Bayrou, que t’as eu en solde, il est de la première fraîcheur, mon lascar ? Ah, tu veux de la chair fraîche, c’est ça ? De la Najat aux seins menus ? Je t’en foutrais de la Najat, moi ! Tu ne perds rien pour attendre mon sale petit coco ! D’abord, tu n’y es pas, à l’Elysée ! Et puis je te trouve bien trop à droite pour venir travailler avec toi ! Tu te prends pour qui ? En mai, je serais à l’ONU, moi, à New-York, avec les grands de ce monde ! Et toi tu retourneras chez Brigitte, va, tiens j’ai retrouvé son prénom à celle-là !

Allô François ? T’es assis ? Tu sais ce que je viens de lire dans mon Femme Actuelle ?