La lente marche de l'Europe de l'éducation

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C'est aujourd'hui la journée de l'Europe. Le programme européen Erasmus fonctionne bien mais une vraie Europe de l'éducation et des universités peine à émerger.

Une vraie Europe de l'éducation et des universités peine à émerger. La
première raison en est simple : dès le traité de Rome en 1957, l'Europe
politique naissante décide de laisser de côté l'éducation qui reste une
prérogative des Etats membres. Depuis rien n'a changé.

Apprendre les sciences ou la géographie en anglais

Ceci n'empêche pas des avancées notamment du côté de l'enseignement des langues vivantes. Il y a la généralisation progressive de l'enseignement
des langues vivantes en primaire. Puis
il existe au collège et au lycée des classes européennes, elles accueillent
environ 275.000 élèves. On y suit un enseignement en langue renforcé mais
surtout les cours de certaines matières sont enseignés en langue étrangère.  Vous apprendrez par exemple les sciences ou la
géographie en anglais. Cela permet de colorer son baccalauréat. Les programmes,
eux restent communs.

Un manuel d'histoire franco-allemand

Certains programmes sont commun, à commencer par l'histoire. Un manuel d'histoire franco-allemand a même été
réalisé mais son usage est demeuré confidentiel. Explication, parue en 2011
dans Le Monde, du chercheur Stefan Seidendorf : " 80 % des Français disent que c'est plutôt un livre allemand, et vice
versa. Dans les deux pays, les enseignants ne sont pas préparés à utiliser un
tel manuel. En Allemagne, l'important est de former des citoyens, d'inciter les
élèves à poser des questions. En France, l'enseignement est basé sur la
dissertation et l'organisation des connaissances. Seules les personnes déjà
sensibilisées aux relations franco-allemandes savent que les deux approches ne
s'opposent pas mais sont complémentaires ".
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Des historiens avaient aussi
essayé d'interroger les élèves, dans toute l'Europe, pour comprendre ce qui, à
leurs yeux, était commun dans l'histoire européenne. Et là, catastrophe, on
avait découvert que les événements marquants selon eux étaient les grandes
batailles – difficile d'organiser un manuel européen en ne parlant que de ce
qui a opposé les pays européens
.

La réussite d'Erasmus

Selon un récent sondage TNS Sofres, Erasmus est même la plus connue des réalisations européennes,
derrière l'euro et la PAC, notoriété en grande partie due au film l'Auberge
espagnole
de Cédric Klapisch. Analyse de Gérard Onesta ancien
vice-président (écologiste) du Parlement européen dans La Croix  :
"Erasmus correspond vraiment à
l'idéal des pères fondateurs qui souhaitaient rapprocher les peuples. Il
permet des échanges féconds, dans tous les sens du terme : certains soutiennent
qu'il y aurait aujourd'hui un million de
"bébés Erasmus", nés de l'union de
personnes qui se sont rencontrées grâce à ce programme".
Problème :
il demeure marginal puisque que 2% seulement d'une classe d'âge en bénéficie.

Relancer Erasmus +

L'Union européenne veut relancer Eramus +. Avec un budget de 14,7 milliards pour 2014-2020, soit
près de 5 milliards de plus que pour la période précédente. L'objectif est de
financer 4 millions de séjours. Cela inclut les autres programmes
liés à l'éducation : Comenius (études secondaires), Leonardo (formation
professionnelle), Grundtvig (adultes).

Le but est également de permettre l'émergence de partenariats stratégiques entre
établissements d'enseignement supérieur, entreprises et collectivités. Tout
cela s'inscrit aussi dans le cadre de la stratégie dite de Lisbonne : l'Union européenne s'était fixée dans la capitale portugaise, en 2000, l'objectif de devenir leader
de l'économie mondiale de la connaissance à l'horizon 2015.

Pour l'instant c'est raté

On tente de
rebondir avec un programme baptisé Horizon 2020, qui prétend notamment "améliorer les niveaux d'éducation (réduire le taux d'abandon
scolaire et accroître la frange de population ayant un diplôme de
l'enseignement supérieur)"
, mais aucun objectif chiffré n'accompagne ce
projet.

Le site internet de l'association Culture Action Europe le rappelle :
"les compétences en matière d'éducation et de politique sociale restent
au niveau des Etats membres (et parfois même des régions, comme c'est le cas en
Allemagne dans le domaine éducatif). En outre, les réalités éducatives et
sociales varient fortement d'un pays à l'autre, et certains gouvernements sont
donc très peu enclins à adopter des objectifs communs qui pourraient être bien
plus difficiles à atteindre pour certains pays que pour d'autres."

Finalement le fait que l'éducation reste
en dehors des traités européens n'empêche pas les initiatives. On s'occupe des langues, des jeunes, on essaie de rapprocher les
structures, mais,  tant qu'on ne rentre pas dans le "dur" c'est-à-dire dans les programmes, on ne touche pas au cœur de la machine.

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