La Cour des comptes et les profs : pavé dans la mare ou coup d'épée dans l'eau ?

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L'actualité est marquée par la publication hier de ce rapport de la cour des comptes, très critique sur la façon dont la France gère ses enseignants. Un rapport qui intervient en plein débat au Sénat sur la loi d'orientation de Vincent Peillon. Qui se défendait ce matin sur France Info... L'analyse d'Emmanuel Davidenkoff

Pour en savoir plus :

Les conclusions du rapport de la Cour des comptes :

"Le système éducatif ne parvient ni à répondre aux besoins des élèves,
ce dont atteste la dégradation des résultats de la France, ni aux
attentes professionnelles des enseignants. Dans cette situation, le
problème n'est pas celui du nombre d'enseignants ou d'une insuffisance
de moyens : la réduction du nombre d'enseignants au cours de la révision
générale des politiques publiques, comme son augmentation programmée
sur cinq ans, sont vaines si elles se font à règles de gestion
inchangées. C'est l'utilisation des moyens existants qui pose problème :
la gestion des enseignants se caractérise en effet depuis de nombreuses années par de multiples dysfonctionnements .

La Cour estime, au terme de son enquête, qu'une réforme d'ensemble des modalités de gestion des personnels enseignants est nécessaire .
Il faut renverser la logique, issue de la massification de
l'enseignement et de la pression d'un égalitarisme de façade, selon
laquelle tous les enseignants sont interchangeables et tous les élèves
ont les mêmes besoins. Enseignants comme élèves ont tout à y gagner."

La réaction de l'Education nationale :

"S'agissant de la modernisation du métier d'enseignant ,
le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, a annoncé
l'ouverture de discussions à l'automne
prochain, avec les organisations syndicales et l'ensemble de la
communauté éducative, pour échanger sur l'ensemble de ces questions
(métier, missions, carrières) afin d'améliorer la gestion et
l'efficacité pédagogique de notre système éducatif.

Le ministère fait aussi état de points de désaccord
et conteste l'analyse selon laquelle le ministère de l'éducation " ne
souffre pas d'un manque de moyens budgétaires " ou que " les moyens
alloués au système éducatif ont été en hausse constante " entre 2008 et

  1. La hausse des moyens comptabilisée par la Cour dans cette période
    ne s'explique que par un trompe-l'œil dû à l'augmentation de la charge
    des pensions. 80 000 postes ont été en réalité
    supprimés pour cette période et nécessitent de recruter de nouveau. La
    situation actuelle de l'éducation nationale en matière de remplacement
    des professeurs atteste de ces besoins. Il en est de même pour la
    scolarisation des moins de trois ans, qui est passée
    de 34,5% en 2000 à 11% en 2012."

Vincent Peillon le 23 mai sur France Info

 

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