Profession : reporter. Être correspondant étranger aux USA

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À trois jours de l'investiture de Joe Biden, 46e président des États-Unis d'Amérique, dans un climat sécuritaire durci par les manifestations pro-Trump, Grégory Philipps, correspondant de Radio France à Washington revient sur quatre années atypiques de reportage aux USA.

Que l'élection aille au delà de novembre dans un climat délétère, tous les observateurs l'avaient plus ou moins envisagé. Mais un Capitole envahi par des manifestants provoquant une suspension de séance, ça, personne ne l'aurait imaginé.

Une campagne présidentielle et une élection hors norme

Cette campagne et cette élection sont le thème central du podcast, Washington d'ici, co-produit par les correspondants des Médias Francophones Publics, (Radio France, RTBF, RTS, Radio Canada, RFI). Et ces quatre années de présidence de Donald Trump resteront atypiques à plus d'un titre. À commencer par une communication à outrance sur les réseaux sociaux. Sans filtres.

Comme l'explique Grégory Philipps, correspondant de Radio France à Washington, il fallait sans cesse prendre la juste mesure du tweet de la Maison Blanche. Qui l'avait signé ? Le dirigeant américain, dans un message à la nation et à la diplomatie ou un homme énervé qui prenait son téléphone pour un défouloir ?

Gérer les approximations, les contre-vérités

Et alors qu'il fallait redoubler de vigilance sur les mouvements de ce président hyper-actif, le danger était de résumer la vie des États-Unis aux 140 signes de Trump. La valeur ajoutée du correspondant étranger, c'est le reportage de terrain. Et les USA, de par leur étendue géographique et la diversité des situations territoriales, portent des sujets inépuisables pour un journaliste. 

Aux yeux de Grégory Philipps, la principale mission du correspondant étranger aux USA, c'est d'aller au delà des clichés. Nous, Européens occidentaux, Français, avons été conditionnés par les films, la musique, la littérature, les pubs colportés par l'American Way of Life. Tout le monde a sa propre image de l'Amérique. Et dans l'inconscient collectif, c'est une vision plutôt simpliste.

Roger Floyd, l\'oncle paternel de George Floyd,le 7 juin 2020 à Houston (Etats-Unis).
Roger Floyd, l'oncle paternel de George Floyd,le 7 juin 2020 à Houston (Etats-Unis). (GRÉGORY PHILIPPS / RADIO FRANCE)

Par les portraits, les histoires, les sujets qui ne font pas forcément la Une, mais raconte un état, une culture, Grégory s'est attaché à raconter cet immense pays dans ses contradictions et dans sa fracture. Surtout dans ses nuances. Sans jamais juger. Et à entendre les productions de Grégory Philipps, on perçoit l'amour qu'il a pour ce pays, même quand il en décrit les imperfections et les dérives.  

Tout reportage est marquant

Mais si un seul est à désigner, Grégory mentionne immédiatement celui tourné en Arizona au mois d'avril dernier dans la réserve améridienne des Navajos, décimée par le Covid-19. 

Joe Biden en campagne en Californie, en 2020.
Joe Biden en campagne en Californie, en 2020. (GRÉGORY PHILIPPS / FRANCE-INFO)

Grégory Philipps reviendra en France l'été prochain. D'ici là, il devra raconter les premiers mois de la présidence Biden, surveiller le comportement des manifestants, et penser aussi aux sujets qu'il n' a pas eu le temps de tourner. Les femmes cowgirls qui dirigent les ranchs du Far West, les mythes Wayne et Bronson ont vécu. Et si possible, un détour par le New Jersey sur les pas de Bruce Springsteen. 

L'Amérique est si vaste... Merci pour tout Grégory !

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