Prenez soin de vous. La galère des devoirs après l'école

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Tous les jours, Edwige Coupez propose des clés et des conseils pour le bien-être au quotidien. Aujourd'hui, les devoirs à la maison.

Des conseils pour les parents pour aider les enfants à faire leurs devoirs. Prenez soin de vous. Dédramatisez ! Et avant de vous gâcher toutes vos soirées, rappelez-vous que les devoirs ne sont pas obligatoires en primaire. Une page de lecture, une leçon à revoir, oui. Mais en théorie pas de travail écrit. Ça fait du bien de le rappeler. Reste que les enseignants sont nombreux à donner des exercices à la maison. Quand ce ne sont pas les parents qui en rajoutent, d'ailleurs.

Alros comment faire ? J'ai demandé conseil à Charles Caplette, un professeur de communication en lycée professionnel, lui-même père de trois enfants. Et qui a écrit Chouette, c'est l'heure des devoirs, aux éditions Eyrolles. Son premier conseil, c'est de se laisser un petit sas avant de commencer. Dix minutes pour soi, pour laisser ses soucis de côté, pour se rendre disponible à son enfant. Vient ensuite la phrase critique : qu'est-ce que tu as comme devoirs ? À la place, Charles Caplette propose de mettre en place un rituel de démarrage. Un hakka des devoirs, un cri, une danse sauvage. Ça défoule, on rigole et on peut commencer les choses sérieuses !

Il va bien falloir apprendre ses leçons

Charles Caplette suggère d'inverser les rôles. C'est l'enfant qui devient professeur. Et qui doit à son tour expliquer la leçon. Une gymnastique mentale qui va lui permettre de la comprendre et de la maîtriser. Et pour la réciter ensuite. Pourquoi ne pas vous asseoir par terre dos à dos avec lui. Une pression de l'épaule droite si c'est juste. Une pression à gauche en cas d'erreur. C'est moins violent qu'un :  "Non, c'est faux". L'enfant doit pouvoir sentir qu'il peut faire des erreurs.

L'objectif à terme est qu'il arrive à faire ses devoirs tout seul

L'autonomie est la clé d'une scolarité réussie et ça peut commencer dès le CP/CE1, selon Charles Caplette. Que l'enfant essaye de se rendre compte du temps qu'il va lui falloir pour faire ses devoirs. Pas  plus de 30 minutes au total en primaire. Une heure au collège. Une heure et demie au lycée.

Là, la problématique change. Il ne s'agit plus de faire réciter les leçons, plutôt d'accompagner l'adolescent pour qu'il s’organise et trouve sa propre méthode de travail. Isabelle Sandillon, coach scolaire auprès des adolescents, et auteure de Au secours, mon ado ne veut pas travailler chez Eyrolles, suggère d'instaurer un engagement mutuel. L'ado planifie seul ses plages de travail. Et les respecte ! Et en-dehors, ses parents s'engagent à le laisser vaquer à ses occupations. Et elle insiste, les parents doivent accepter de voir grandir leur enfant. L’adolescent a toujours besoin d’eux. Et en cas de conflit, il ne faut pas y voir un refus de l’autorité, mais plutôt la demande d’une nouvelle relation. Pourquoi alors ne pas partager avec lui son activité préférée pour réinstaurer le dialogue ?

Isabelle Sandillon donne ainsi plusieurs clés pour décrypter son langage. À la question : pourquoi les devoirs à faire à la maison font-ils partie de ce qui te paraît le plus difficile à vivre ? Selon ses réponses il faut entendre :


 "C’est trop difficile" : un problème de niveau et/ou de méthode : nécessite d’identifier les matières et points de blocage.


 "Y’en a trop" : un problème d’organisation et de méthode.


"J’arrive pas à les faire" (trop de bruit, petit frère ou petite sœur, etc.) ou  "J’ai pas de temps" : nécessite de préciser les raisons (environnement de travail inadapté, activités extrascolaires trop nombreuses ou mal positionnées par exemple).


"J’ai pas envie" : nécessite de comprendre pourquoi (peur de
l’échec, démotivation par rapport au sens des devoirs, au rôle de
l’école, problème familial ou de santé…).

Et si vraiment, les devoirs restent une lutte, laissez l'enfant à l'étude si elle est dirigée. Ou déléguez à un étudiant. Le plus important est de ne pas abîmer la relation que vous avez avec votre enfant ! Quitte peut-être parfois à ne pas faire les devoirs et à passer une bonne soirée. Ensemble.

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