Politique fiction. Le "dégagisme" et la série "Baron noir"

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Chaque week end cet été, Laurent Valière revisite la folle actualité politique de la saison à l'aune des fictions : séries, films ou téléfilms.

Campagne électorale en France. Cécile Duflot, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Manuel Valls, Nicolas Sarkozy sont tous éliminés aux primaires de leurs partis.

Une série avait anticipé ce phénomène avec réalisme : Baron noir

C'est Jean-Luc Mélenchon qui a inventé le mot : "Le dégagisme est à l'oeuvre
Dans la série Baron noir, on n'en était pas loin...

Caisses noires, alliances électorales...

...Retournements de vestes, manipulation des coordinations étudiantes, guerre des clans pour prendre les rênes d'un parti, détournement de fonds d'offices HLM...
Rien n'est oublié de la vie politique française dans Baron noir, la série avec Anna Mouglalis, Kad Merad et Niels Arestrup - pas même les chewing-gum placés au bout de cintres en fer, pour retirer les tracs des partis concurrents dans les boites aux lettres, ce qu'avoue avoir pratiqué le ministre, Gérald Darmanin.

Des politiciens comme une grande famille à l'italienne

Avec des clans réunis autour du chef de gang, qui font penser aux courants d'un parti, avec ses fidélites, ses allégeances, ses trahisons... Telle est l'idée de base des créateurs de Baron Noir. Un Soprano dans le monde politique qu'ils intitulent d'abord Gangsters republicains.
Baron noir suit le parcours du député-maire socialiste de Dunkerque : lâché par son ancien mentor élu aux élections présidentielles, il fait tout pour gâcher le quinquennat et prendre sa revanche.

Baron noir : un film à clés

Incarné par Kad Merad, Baron noir serait le terme donné à Julien Dray lorsqu'il était considéré comme le "Baron Noir de l'agitation sociale" par un quotidien dans les années 90. Comme dans la série, Julien Dray était à pied d'oeuvre lors des manifestations étudiantes contre le gouvernement de Michel Rocard en 1990.
Le co-scénariste de la série le connait bien : Eric Benzekri fut membre actif du parti socialiste durant 20 ans. Ancienne plume, il a travaillé au cabinet de Jean-Luc Mélenchon.

Etait-ce prémonitoire qu’à la fin de la saison, c’est la cheffe de parti, énarque, jamais confrontée à une élection, comme le fut Emmanuel Macron, qui décide de se présenter contre le président de la république qui l’avait soutenue ?

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