Politique fiction. "House of Cards"

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Chaque week-end de l'été, dans "Politique fiction", Laurent Valière nous invite à revisiter la folle actualité politique de la saison, à l'aune des fictions : séries, films ou téléfilms...

8 novembre 2016, à la surprise générale et contre tous les diagnostics, Donald Trump est élu Président des États-Unis d'Amérique.
Une série américaine avait anticipé cette perte de confiance généralisée envers les élites : House of Cards.

Défiance envers les politiques

La défiance envers les hommes politiques, Donald Trump l’a exploitée durant toute sa campagne électorale.

Dès 2013, House of Cards, la deuxième série américaine la plus regardée, présente une vision noire du système politique américain. Son héros, parlementaire chevronné, 22 ans de métier, meurtrier et calculateur, incarné avec charme et courtoisie par Kevin Spacey peut déclarer avec cynisme : "Me voilà à portée de main de la présidence, sans avoir jamais recueilli le moindre suffrage..."

House of Cards est née dans l'un des berceaux de la démocratie, au Royaume Uni

En 1989, un directeur de cabinet de Margaret Thatcher remercié, avait écrit en guise de "thérapie" le roman documenté du complot d'un homme politique trahi, pour faire tomber le premier ministre. Les aphorismes pleuvent déjà : "La politique impose des sacrifices, le sacrifice des autres bien sûr".

Adapté en série par la BBC, le héros s'adresse déjà à la caméra pour commenter ses plus infâmes pensées. David Fincher fera de même, dès le premier épisode de la série américaine, lorsque l'homme politique achève un chien heurté par une voiture.

 Des anti-héros à la Dexter

Pour sa première série télévisée, le réalisateur de Fight Club fait appel pour le scénario à un ancien conseiller politique très renseigné, Beau Willimon, qui transpose avec épaisseur et réalisme l’histoire dans la démocratie américaine. Entre Machiavel et Macbeth de Shakespeare, la série est remplie d'anti-héros à la Dexter, corrompus et assoiffés de pouvoir.

Bill Clinton aurait confié à Kevin Spacey : "99 % de ce que vous jouez dans 'House of Cards' est vrai. La seule chose fausse, c'est qu'il serait impossible de faire passer aussi rapidement une loi sur l'éducation...". C'est cette proximité avec la réalité qui rend "House of Cards" si réussi et si fascinant.

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