Politique fiction. Donald Trump et "A la Maison Blanche"

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Laurent Valière explore la folle saison politique passée à l'aune des séries et fictions. Donald Trump et ses conseillers rappellent une série américaine mythique : A la Maison Blanche.

C'est la série préférée du premier ministre Edouard Philippe. Véritable cours d'instruction civique, avec des personnages brillants qui confrontent leurs vue sur la constitution tout en marchant dans les couloirs, la série A la maison blanche est pourtant diffusée sur l'équivalent de TF1 en prime time le mercredi soir et attire jusque 17 millions de téléspectateurs.

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Des experts voués au bien commun

Alors que ça a valsé cet été dans l'équipe de Donald Trump, la série faisait découvrir en 1999 les coulisses de la fameuse "aile gauche" du bâtiment où travaille la dizaine de conseillers des présidents américains. On tombait sous le charme de ces experts dévoués au bien commun, du chef de cabinet un peu alcoolique cloué à son bureau jusque tard, à une porte parole inspirée par celle de Bill Clinton. Tous au service d'un président démocrate idéal, Josh Bartlett, humain et compétent, incarné par Martin Sheen de Apocalypse now.

A la Maison Blanche est l'idée du génial dialoguiste Aaron Sorkin, l'auteur aussi du film de David Fincher The Social Network. Dans les années 90, l'écriture d'un navet à Hollywood sur le président américain lui permet de réunir toute une documentation sur les coulisses de Washington. Le producteur de la série Urgences  dit banco !

Un monde parallèle sous la présidence Bush

Epaulé par des conseillers politiques qui ont travaillé pour Bill Clinton ou Al Gore, Aaron Sorkin donne naissance à ce qui, sous la présidence de George Bush, devient un monde parallèle, où son président imaginaire, face aux memes défis que Bush, prend des décisions plus justes. Ouverture des relations avec Cuba, résolution du conflit israelo palestinien...

La série s'achève juste avant l'élection de Barak Obama par l'élection d'un premier président américain aux origines latines. Le jour de l'élection de Donald Trump, le créateur Aarron Sorkin a écrit une lettre à sa fille : "Ce n'est pas seulement Donald Trump qui a gagné hier soir, ce sont aussi ses supporters, comme le Ku Klux Klan". C'était 10 mois avant les événements de Charlottesville cet été. L'actualité lui a encore donné raison.