Polars d'été. "Santa  Muerte" de Gabino Iglesias

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Cet été, Gilbert Chevalier propose de revenir sur les meilleurs romans noirs, policiers, et thrillers français de l’année.

Cette chanson des Texmaniacs sortie en 2018 est consacrée aux Mexicains qui viennent gagner leur vie aux États-Unis. C'est ce dont nous parle Gabino Iglesias avec Santa Muerte. Sauf que le travailleur du roman est un clandestin installé à Austin, au Texas, et que son activité de dealer laisse peu de place à la tendresse et encore moins aux rêves de vie meilleure.  
 
Santa Muerte, c'est l'histoire d’un jeune Mexicain qui a dû fuir son pays et vit depuis cinq ans dans le quartier latino d’Austin, où il travaille pour un caïd local. Ce Fernando est un jour enlevé par les membres d'un gang rival qui ont aussi capturé l'un de ses amis. Le gang torture cet ami et lui tranche la tête devant Fernando en guise de message. Le gang veut l'excusivité de la vente de la drogue dans le quartier où opère Fernando. Une guerre et un règlement de compte de dealers, voilà la trame du roman.  

Un roman qui flirte avec le fantastique

Gabino Iglesias repousse les frontières de la morale pour nous emmener dans les pas de Fernando qui se débrouille comme il peut avec le monde réel et, finalement, comme n'importe quel ramasseur de fruits clandestins dans les champs du Texas.
L'auteur a écrit un bouquin sec et nerveux, parfois plein d'humour, et qui flirte souvent avec le fantastique. Comme souvent pour les croyants mexicains. Gabino Iglesias nous fait également découvrir une sorte de géographie secrète de la capitale du Texas : celle des barrios, ces quartiers latinos le plus souvent pauvres et mal famés comme dans la plupart des grandes villes américaines
 
Le roman nous propose aussi une réflexion sur le fait de devenir un étranger aux États-Unis."Quand tu traverses la frontière, tu quittes un endroit pour pénétrer dans le néant. Quand tu traverses la frontière, tu laisses de côté une grande partie de ton identité et tu deviens quelque chose de différent, un spectre de chair composé de souvenirs brisés" écrit l'auteur dans Santa Muerte. Derrière la violence crue du polar que l'on pourrait croire sorti de l'imagination de Tarantino se cache une autre intention plus politique, plus sérieuse.  
 
À travers les péripéties ultra violentes que vit Fernando à Austin, on ressent plus que jamais la précarité de la vie d'un clandestin mexicain au Texas, livré à lui même dans un monde sans foi ni loi. On ne sait que peu de chose à propos de Gabino Iglesias si ce n'est qu il est né à Porto Rico et vit à Austin où il est professeur. Santa Muerte est son premier roman noir. Un coup de maître !
 
 
 
 

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