Polars d'été. "Sans Terre", de Marie-Eve Sévigny

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Cet été, Gilbert Chevalier propose de revenir sur les meilleurs romans noirs, policiers, et thrillers français de l’année.

C'est la Québécoise Marie-Eve Sévigny qui a choisi le classique de la guitare du trio Al Di Meola, John Mc Laughlin et Paco de Lucia pour accompagner la lecture de son roman. Il s'agit de Manha De Carnaval.
 
Sans Terre a tous les ingrédients du polar classique avec une héroine troublante, des morts, une enquête des policiers et un contexte où les conflits sont nombreux.  
L'auteur nous emmène au Québec sur l'île d'Orléans, sur le fleuve Saint-Laurent, où s'est installée Gabrielle, jeune écologiste plutôt radicale qui a fait de la prison pour avoir mené des actions violentes. 
Un feu ravage son chalet et on retrouve, proche de l’incendie, le cadavre d'un travailleur guatémaltèque, employé de la ferme où travaille Gabrielle. La militante accuse des politiciens corrompus de vouloir la faire taire. Voilà pour la trame principale du roman mais l'intrigue n'est pas l'essentiel de Sans Terre.

Un regard sur les travailleurs mexicains

Marie-Eve Sévigny nous permet de découvrir un contexte étonnant où cette île d'Orléans devient un enjeu pour une grande compagnie qui veut y installer un terminal pétrolier. Le roman nous parle aussi de corruption du milieu politique et du sort réservé aux travailleurs mexicains qui viennent travailler dans les fermes de cette île encore très agricole, avec de nombreuses cultures maraichères. Marie-Eve Sévigny nous propose un regard la vie de cette île, de ses habitants et par la force des choses, sur la situation de ses travailleurs mexicains. Le roman est imprégné du combat de son héroïne pour l'environnement et le respect de la terre.
 
Des thèmes abordés depuis que la cause écologique a intéressé les écrivains. Avec dans le roman noir contemporain, par exemple, Edward Abbey dans une toute autre tonalité, avec Le Gang de la clef à molette, plus près de nous Le Zoo de Mengele du Norvégien Gert Nygardshaug. Même si Sans Terre est beaucoup plus intimiste, resserré autour des quelques personnages forts imaginés par Marie-Eve Sévigny, son roman est écologique, voire politique. Sans Terre, aux éditions Le mot et le Reste, aborde avec finesse la question du militantisme écologique ou plus largement celui du militantisme politque, jusqu'où il est possible d'aller pour défendre une cause.

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