Polars d'été. "La Disparue d’Altamont", de Jean-Alphonse Richard

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Tout l'été, Gilbert Chevalier revient sur les meilleurs romans noirs, policiers et thrillers de l'année. Aujourd'hui, "La Disparue d’Altamont" de Jean-Alphonse Richard, publié aux éditions La Martinière.

Qui s'intéresse à la grande histoire du rock'n'roll connaît forcément la date du 6 décembre 1969 et le sinistre festival d'Altamont près de Los Angeles. Festival voulu par les Rolling Stones qui avaient raté Woodstock. Et festival qui a tourné au cauchemar : drogue et violence ont noyé le rêve "peace and love" des sixties.

C'est cette histoire qui a inspiré Jean-Aphonse Richard. Il a imaginé 50 ans plus tard à Los Angeles, le crime d'un vieux biker. Le policier désabusé, chargé de l'enquête, va évidemment découvrir des choses dont le point de départ est cette nuit du 6 décembre 1969.

Quatre morts

"Cette histoire n'existe pas sans ce concert. C'est un concert très particulier, c'est le concert de la peur. C'est un concert qui a été extrêmement violent. Il y a au total quatre morts, il ne faut pas l'oublier. Il y a un jeune homme, Meredith Hunter, qui est poignardé en public et sous les yeux des caméras. Et puis trois personnes qui mourront écrasées par des voitures, et puis une personne qui va tomber dans un canal", raconte le journaliste et écrivain Jean-Alphonse Richard.

Il y a une vraie violence autour de ce festival. Et j'ai eu l'idée de greffer une cinquième victime, en tout cas une cinquième silhouette ou un cinquième fantôme.

Jean-Alphonse Richard

à franceinfo

Retour dans le passé pour soulager sa conscience

Dans La Disparue d'Altamont, il y a également un regard étonnant posé sur deux vieux Hells Angels : la victime et l'un de ses amis que le temps a adouci. Deux Hells Angels qui assuraient le service d'ordre à Altamont.

"Ces bikers ont presque une revanche sur eux-mêmes à prendre. Une revanche sur la vie. Une revanche sur ce qu'ils ont pu faire de mal dans le passé. Et effectivement quand on va lire leur histoire, on va s'apercevoir qu'ils ont fait des trucs qui ne sont pas terribles quand même, explique l'auteur. Ils ont été témoins d'un évènement à une époque, c'est resté dans leur conscience et leur mauvaise conscience. Et puis, ils ont eu envie effectivement de, peut-être, se blanchir de tout ça, de se blanchir de ce passé."

Avec son roman, Jean-Alphonse Richard a le mérite de nous replonger dans cette histoire et de nous faire toucher du doigt cette atmosphère poisseuse.

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