Polars d'été. "Corruption", de Don Winslow

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Tout l'été, Gilbert Chevalier revient sur les meilleurs romans noirs, policiers et thrillers de l'année. Aujourd'hui, "Corruption" de Don Winslow, publié chez Harper Collins Noir.

Don Winslow est aujourd'hui, au même titre que James Ellroy ou Dennis Lehane, une référence de la littérature américaine, au-delà du roman noir et au-delà de ses prises de positions politiques.

Avec Corruption, sorti à l'automne dernier, Don Winslow nous parle de la dérive d'un grand flic new-yorkais, héros d'une unité d'élite, qui bascule de l'autre côté de la loi. Le roman d'un ripoux comme il en existe tant d'autres, mais avec de la part de Don Winslow beaucoup d'empathie pour ce personnage, selon Sabrina Arhab son éditrice française.

Un hommage vibrant à la police de terrain new-yorkaise

"C'est vrai que c'est l'histoire finalement d'une vraie descente aux enfers. Mais il y a une réflexion qui court dans tout le roman, sur cette frontière que l'on peut franchir mine de rien, petit à petit, s'en sans rendre compte, explique l'éditrice. Cette unité d'élite au départ, ils ont tous eu la même vocation : défendre leur pays, défendre leur ville, lutter contre le crime. Il y a ça et puis aussi l'idée, l'envie de Don Winslow de rendre un véritable hommage à cette police qui est parfois décriée et de montrer en fait que quand on est vraiment sur le terrain, cette frontière n'est pas si nette. Qu'à un moment, c'est une affaire de choix mais que parfois ce n'est pas si clair."

Corruption est un roman très dense, bourré de détails, très documenté. Don Winslow, à part quelques romans plus légers, notamment au début de sa carrière de romancier, ne sait pas faire autrement.

À l'heure actuelle, du fait du contexte politique aux États-Unis, il se sent investi d'une mission encore plus grande de dénoncer et aussi de montrer une réalité.

Sabrina Arhab

à franceinfo

Don Winslow, nouvelle conscience de l'Amérique

"Il a une vision de son métier comme ayant une mission. Il est très inspiré du roman réaliste qui justement est dans cette ampleur et dans le détail. C'est quelque chose qui compte pour lui, il est de cette école-là en tout cas. Il n'est pas effectivement dans l'école du minimalisme, absolument pas. Il est dans l'école du détail et de fermer les yeux sur rien, de tout montrer pour ne pas minimiser la situation", raconte Sabrina Arhab.

Voilà donc désormais Don Winslow habillé du costume de conscience de l'Amérique, qu'il partage avec quelques autres. Son œuvre prend une ampleur considérable. L'auteur de La Griffe du chien et de sa suite Cartel va sortir à l'automne La Frontière, troisième volet de cette trilogie consacrée à la drogue, aux cartels mexicains et à cette frontière américano-mexicaine.

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