Polar d'été. "Luca" de Franck Thilliez

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Tout l'été, Gilbert Chevalier revient sur les meilleurs romans noirs, policiers et thrillers de l'année. Aujourd'hui, "Luca", de Franck Thilliez publié aux éditions Fleuve Noir.

Avec Luca, Franck Thilliez s'intéresse aux dérives technologiques, biotechnologiques et numériques de nos sociétés. L'ouvrage met en scène le couple de flics préférés de Franck Thilliez, à savoir Franck Sharko et Lucie Henebelle. Ils sont cette fois confrontés à une sorte d'ange exterminateur.

Le roman commence tambour battant dans une chambre d'hôtel où un homme, qui ne parvient pas à avoir d'enfant avec sa femme, fait appel à une mère porteuse. À partir de cette première scène, les choses vont s'accélérer avec la présence de cadavres mutilés, de morts programmés à distance et de mises en scènes sordides destinées à être vues par des millions de personnes sur les réseaux sociaux .

"Je me suis demandé comment on pouvait dénoncer, un petit peu, cette société de la consommation d'images et de violences. J'ai donc imaginé ce grand méchant, qui va justement utiliser les réseaux sociaux, pour dénoncer leurs pratiques. Il va alors kidnapper les gens, il va les offrir en pâture aux réseaux en disant à tous que ces personnes vont mourir. Les gens regardent, on voit le nombre de connexions et on constate qu'elles passent de plusieurs milliers à des millions. Je pense que c'est ce qui se passerait dans la réalité, c'est pour cela que le constat est assez effrayant. Ce monde-là existe, et c'est le nôtre", analyse l'auteur.

Les dysfonctionnements de la science comme source d'inspiration

L'intelligence artificielle, le big Data, le pourvoir des GAFA, deviennent des sujets à part entière pour les auteurs de polar, de roman noir ou de roman d'anticipation. Matière formidable pour des romans un peu paranoïaques pour les uns, lucides ou critiques pour les autres.

"Les auteurs de polars observent un peu la société dans laquelle ils vivent et ils en pointent les dysfonctionnements. Ils s'engouffrent dedans et essaient de développer leur histoire. J'ai l'esprit plutôt scientifique car je suis ingénieur, donc je suis pour la science mais aujourd'hui elle évolue à une telle vitesse que parfois, elle échappe aux chercheurs eux-mêmes".

Franck Thilliez rejoint donc, en littérature, le clan de ceux qui s'attaquent à ce sujet avec beaucoup d'inquiétude et qui sont de plus en plus nombreux. Dans Luca, il est question de GPA sordides, de bio-hacking, de transhumanisme délirant et de dérives des réseaux sociaux. Franck Tilliez invente une histoire qui rebondit en permanence, sombre et pessimiste.

Vous êtes à nouveau en ligne