Planète Sport. La diplomatie sportive au service de la France

Notre pays a mis longtemps avant de mener une vraie diplomatie sportive, ce qui lui a, en partie, coûté l'organisation de nombreux grands événements. Même si la donne change depuis 2014.

Planète Sport, le rendez-vous de l’été qui explore les sujets à la lisière entre le sport et la politique, s'intéresse aujourd'hui à la France, et sa place dans les sphères d'influence du sport. Singapour, en 2005, champions, artistes, et grands patrons ont fait le déplacement. Paris est au coude à coude avec Londres pour accueillir les Jeux Olympiques de 2012. Serrés les uns contre les autres Arnaud Lagardère, David Douillet, Bertrand Delanoé attendent le verdict énoncé par Jacques Rogge le président du CIO… "London !" La France trop sûre d'elle est battue.

Une débâcle doublée d'une humiliation, en 2011, quand la candidature d'Annecy au JO d'hiver de 2018 n'avait recueilli que sept petites voix. Virgile Caillet est le délégué général de l'union sport et cycle. "Entre les pays francophones, le Luxembourg, la Belgique, Monaco, qui devraient voter pour la France, on ne se retrouve qu'avec sept voix, explique-t-il. Cela veut donc dire qu'on était complètement en dehors du coup."

Alors trois ans plus tard, en 2014, Laurent Fabius ministre des Affaires étrangères en tire les leçons. Il annonce la nomination d'un ambassadeur pour le sport, une première pour le pays. "Si nous voulons que la France sur le plan sportif réussisse et rayonne, il faut que nous mettions en place une diplomatie sportive", décrit ainsi le ministre. La triple championne du monde de karaté, Laurence Fisher, est depuis l'an dernier l'ambassadrice de la France pour le sport. "Ma fonction s'appuie sur notre réseau diplomatique et consulaire mondial. Paris 2024 et les Jeux, ça a été aussi grâce à l'appuie de ce réseaux."

Adapter la fiscalité

Mais pour accueillir l'Euro de foot, la coupe du monde de rugby, les Jeux Olympiques, la France a aussi accepté de modifier sa loi fiscale. Ces compétitions sont totalement exonérées d’impôt si leur attribution a eu lieu entre 2010 et 2017.

La France s'est montrée pragmatique analyse Virgile Caillet "Il y a une loi olympique, qui vient adapter, pendant la durée des JO, la loi française. C'est assez incroyable, mais c'est comme ça pour tous les pays qui veulent candidater. Et donc la France est bien obligée de se plier aux exigences de ces institutions sportives internationales." Malgré ses efforts la France reste peu représentée aujourd'hui dans les grandes institutions du sport. Depuis 40 ans, aucun Français ne siège à la commission exécutive du Comité international olympique.

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